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FFF : la révolte du tiers-État

 
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Kara
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MessagePosté le: Lun 21 Mar - 12:35:02 (2011)    Sujet du message: FFF : la révolte du tiers-État Répondre en citant

FFF : la révolte du tiers-État
Le 2 avril prochain est appelé à marquer l’aboutissement d’un processus entamé après la faillite sportive de l’équipe de France à la Coupe du monde 2010: non pas le retour en sélection de Patrice Évra et Franck Ribéry, mais le vote de la réforme de la gouvernance de la Fédération par son assemblée fédérale. Le fonctionnement de la FFF avait en effet été mis en cause dans ce fiasco, au travers de la reconduction de Raymond Domenech en 2008 puis de l’incapacité des dirigeants à gérer la crise de Knysna. Si la réorganisation de la fédération fait à peu près consensus, une question suscite le blocage: le passage de 25 à 37% des voix accordées au monde professionnel dans les assemblées fédérales, au détriment du monde amateur. Une “modernisation” nécessaire selon le président Fernand Duchaussoy, mais vivement contestée.

DU TRAVAIL DE PROS ?

Au lendemain de l’Afrique du Sud, le monde professionnel avait prétendu que des amateurs n’étaient pas capables de gérer un groupe de vingt-trois footballeurs professionnels - avec leurs coutumes et leur mentalité devenues étrangères au commun des mortels - et d’assumer les enjeux économiques liés à la sélection. Mais l’équipe de France n’est qu’une responsabilité de la Fédération parmi beaucoup d’autres, et la question s’inverse légitimement: les professionnels sont-ils capables de gérer deux millions d’amateurs? Déjà, s’agissant de donner des leçons de gouvernance et de bonne gestion, on se demande bien quelle légitimité peuvent avoir les dirigeants de club.
Le patronat du football français s’illustre régulièrement par l’incurie de ses politiques sportives, avec le limogeage d’entraîneur comme principale sanction, par ses révolutions de palais et par son propre manque de légitimité au travers de ces “présidents délégués” qui débarquent de nulle part et finissent par être débarqués par l’actionnaire. À Marseille, Paris, Saint-Étienne, Nice, Nantes ou Strasbourg, le management a plus souvent donné dans le vaudeville que dans la rigueur et l’intelligence, et les quelques bons élèves ont rarement échappé à toute turpitude ou période de profond marasme sportif.
On objectera que le football professionnel français est géré avec quelque raison sur le plan financier, mais ses déficits filent depuis deux saisons et ses dirigeants refusent d’entendre la DNCG quand elle les invite à réformer un modèle économique devenu dangereux (lire “Le football ne veut pas voir son trou“).

“11 PROPOSITIONS POUR CHANGER LE FOOTBALL”

C’est justement depuis le monde amateur qu’une résistance s’organise. La base s’agite contre les nouveaux statuts et en particulier la nouvelle répartition des voix. Président d’un club d’Indre-et-Loire, Éric Thomas est le cofondateur de l’Association française du football amateur (AFFA), qui a adressé une lettre ouverte au président de la Fédé et lancé le site Internet footdenbas.com pour protester contre l’opacité de l’instance et l’indifférence dans laquelle la Fédération et les ligues laissent les 18.000 clubs. “Les clubs n’en peuvent plus du manque de transparence. (…). Alors, comme le changement ne viendra pas d’en haut, on fait en sorte qu’il vienne d’en bas”, déclare-t-il (lire l’article de L’Humanité).
L’association a élaboré “11 propositions pour changer le football“, qui témoignent d’une vision globale particulièrement intéressante. Parmi celles-ci, la transparence des comptes de la Fédération, l’élection de son président au suffrage direct des licenciés majeurs, un vaste plan de formation de tous les acteurs du football, le financement (dans le cadre de la construction des stades de l’Euro 2016) de mille terrains synthétiques, la création d’un statut de dirigeant bénévole, le versement de toutes les primes des internationaux à l’Institut de formation du football français… La liste se conclut sur l’appel à “une réflexion sur les nouvelles régulations du football [et sur les] nouvelles solidarités entre foot professionnel et amateur”.

PLUS DE POUVOIR AUX CLUBS

“Pourquoi avons-nous le sentiment, largement répandu, que plus l’argent coule à flot dans le foot d’en haut, grâce à la manne télévisuelle, plus le débit se tarit pour le foot d’en bas?” En dépit de sa référence raffarinienne, l’image a le mérite d’une intéressante inversion de perspective, et la dimension citoyenne de la démarche met un peu plus en scène une aristocratie fédérale s’arrangeant avec la bourgeoisie industrielle du football en ignorant le tiers-État des licenciés et des bénévoles. La nouvelle répartition souhaitée témoigne en tout cas de l’inféodation de la Fédération au football professionnel, qui l’avait tirée d’affaire lorsque ses comptes étaient au plus bas au lendemain d’un autre échec cuisant en Coupe du monde dans un contexte… de fronde des amateurs (lire: “Fédération: une paix armée“, octobre 2002), et la maintient depuis lors sous perfusion économique. En échange, les clubs exigent plus de pouvoir, tout comme ils en ont réclamé (et obtenu) plus au sein de la Ligue elle-même à l’automne 2008 - déclenchant une menace de grève sans suite des joueurs et des arbitres (lire “Une grève passe“).
“Ce partage est équitable, cette réforme va apporter du sang neuf”, assurait Jacques Rousselot, président de Nancy, fin février (L’Équipe). La démission de Bernard Herbert, président du collège des présidents de districts, avait alors consolidé le scénario du bras de fer: “Les pros menacent de quitter l’assemblée du 2 avril s’ils n’obtiennent pas 37%, eh bien, menaçons, nous les amateurs, de partir s’ils obtiennent ces 37%”. La réforme est en péril, ainsi que la présidence de Fernand Duchaussoy - qui remettra son mandat en jeu lors des élections du 18 juin. Il lui reste quelques jours pour réussir le même coup de force qu’à l’occasion de la précédente assemblée fédérale en décembre dernier: sa réélection autant que l’adoption de la réforme avait pris la tournure d’un “plébiscite”. Le consensus n’était que de façade, et circonscrit au bâtiment du boulevard de Grenelle: “en bas”, le mécontentement semble profondément enraciné.

http://latta.blog.lemonde.fr/2011/03/21/fff-la-revolte-du-tiers-etat/
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MessagePosté le: Lun 21 Mar - 12:35:02 (2011)    Sujet du message: Publicité

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