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Le Top 100 des entraîneurs
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chtiga42
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MessagePosté le: Mar 18 Juin - 18:56:18 (2013)    Sujet du message: Le Top 100 des entraîneurs Répondre en citant

24. Nereo Rocco


Nereo Rocco est une figure du Calcio.
Avec sa bonne tête de second rôle américain, le coach a traîné sa dégaine – feutre vissé sur la tronche en toute circonstance – et une philosophie de jeu de la fin des années 40 au milieu des seventies.
Sa philosophie ? Le catenaccio, ce système ultra-défensif que l'on associe généralement à la grande Inter d'Helenio Herrera.
C'est en réalité Rocco qui l'a introduit dans la Botte, pour le rendre célèbre. Avec ses 1-3-3-3 ou 1-4-4-1, il mènera la petite Triestina à la deuxième place du championnat en 1948, puis le tout aussi modeste Padoue à la troisième position dix ans plus tard.
D'où sa réplique spontanée après qu'un journaliste lui avait lancé « que le meilleur gagne » : « Espérons que non ! »
Parce que Rocco se faisait un plaisir d'emmerder les gros. El paròn – le patron – deviendra finalement célèbre au Milan, avec lequel il remportera pas moins de 10 titres, dont deux championnats et les deux premières Ligue des champions de l'histoire du club.
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MessagePosté le: Mar 18 Juin - 18:56:18 (2013)    Sujet du message: Publicité

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chtiga42
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MessagePosté le: Mar 18 Juin - 19:16:56 (2013)    Sujet du message: Le Top 100 des entraîneurs Répondre en citant

23. Guy Roux




Bien avant Mourinho, Guy Roux a prouvé que l'on pouvait à la fois avoir été un joueur modeste et mener une grande carrière d'entraîneur.
Pas vraiment grand joueur d'échec (il n'a utilisé que deux systèmes de jeu en 45 ans carrière : 4-3-3 jusqu'en 2000, 4-2-3-1 ensuite), le natif de Colmar est en revanche un exceptionnel autodidacte. Il est devenu entraineur de l'AJA dès 23 ans.
Une leçon à montrer dans toutes les entreprises pour faire gober la pilule des « échelons à gravir ».
Voilà un type qui a pris son club en Promotion d'Honneur pour l'emmener en quart de finale de Ligue des champions 35 ans et 894 matchs sur le banc plus tard
Il a en passant récolté 4 victoires en Coupe de France. Il est ainsi avec André Cheuva l'entraîneur ayant remporté le plus de Coupes de France.
Et en plus, il a pas mal fait pour l'amitié franco-polonaise, il faut bien le dire.
Anecdote: En 1961, Guy Roux, qui joue toujours au Limoges FC, revient à Auxerre pour assister au match amical entre l'AJ Auxerre et le club anglais Crewe Alexandra Football Club. À la mi-temps, le speaker demande si une personne parle anglais pour servir de traducteur dans les vestiaires de Crewe. L'équipe anglaise ayant des blessés, celle-ci souhaite que l'AJA lui prête un ou deux joueurs pour disputer la seconde période. Guy Roux se porte alors volontaire et joue contre l'AJ Auxerre. Après le match, le président d'Auxerre Jean Garnault lui propose de revenir jouer à Auxerre. Guy Roux accepte à condition d'être entraîneur-joueur. Garnault refuse, amors Guy Roux lui envoie une lettre de 6 pages et Garnault finit par accepter.
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MessagePosté le: Jeu 20 Juin - 22:08:21 (2013)    Sujet du message: Le Top 100 des entraîneurs Répondre en citant

 22. Carlos Bilardo



En matière de football, l’Argentine a toujours été découpée en deux. Outre la rivalité entre Boca et River, les deux colosses locaux, le pays se débat toujours entre deux idéologies diamétralement opposées : le menotisme et le bilardisme.
Si Menotti prêche un football romantique et philosophe comme personne sur le ballon, Bilardo est le parangon du football cynique.
Gynécologue de profession, "El Narigon" (Gros nez) a toujours eu un seul leitmotiv : gagner peu importe la manière.
Accusé de donner des bouteilles de somnifère aux joueurs brésiliens lors du quart de finale du mondial italien ( 1990) et d’asperger d’ammoniaque les vestiaires de Boca Juniors du temps où son America Cali disputait la finale de la Copa Libertadores, Bilardo est certes un tricheur (ses parents étaient siciliens), mais c’est avant tout l’un des personnages les plus appréciés du football argentin.
Complètement cinglé, ses anecdotes croustillantes font déjà partie de la légende du football argentin.
L’homme qui avait juré qu’il irait lui-même branler ses joueurs s’ils lui assuraient de remporter un match est surtout plus humaniste qu’on ne le croit. Bilardo a toujours fait des équipes avec ce qu’il avait, à savoir Maradona et les autres.
Conscient que le seul talent du Pibe de Oro ne suffirait pas, Bilardo décide de mettre en place, dès sa prise de fonction de l’Albiceleste, une assise ultradéfensive qui, paradoxalement, permettra à son astre de briller comme jamais en sélection.
Son dispositif tactique révolutionnaire en 86, un 3-5-2, manque cruellement d’animation, mais permet au football argentin de vivre des moments épiques.
Le courage et les cojones d’abord. Le talent ensuite. Autrement dit, tout le contraire de Menotti.
La méthode Bilardo fonctionne avec tous les types de joueurs, qu’ils soient bons ou mauvais. Celle de Menotti, plus élitiste, demande une quantité importante de footballeurs de talent pour lui donner vie. Menotti a toujours été le Francis Cabrel du ballon. Pour lui, le football, « c’était mieux avant ».
Bilardo, au contraire, a toujours vécu avec son temps et inspiré tactiquement des sélections comme la Roumanie, la Bulgarie ou encore le Nigeria. Du football pratique pour tous.
Si les petites équipes n’existent plus en football, c’est en partie à lui qu’on le doit.
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MessagePosté le: Dim 23 Juin - 13:46:04 (2013)    Sujet du message: Le Top 100 des entraîneurs Répondre en citant

21. Malcolm Allison

Manchester City n'a pas attendu Roberto Mancini, Carlos Tévez ou Mario Balotelli pour dîner à la même table que Liverpool, United ou Arsenal.
Bien avant le portefeuille sans fond du propriétaire émirati Sheikh Mansour ben Zayed Al Nahyan, les quartiers bleu ciel de Manchester ont connu Malcolm Allison.
À son arrivée en 1965, le club citizen est une entreprise sportive déclinante, enfoncée en milieu de tableau de deuxième division.
Après son départ en 1973, l'armoire à trophées recense un championnat d'Angleterre, une Coupe de la League et une C2. Même s'il y connaît ses plus belles années en tant qu'adjoint de Joe Mercer, Allison est directement à l'origine de cette épopée.
Son secret ? Des méthodes d'entraînement révolutionnaires et un sens tactique à nul autre pareil sur l'île et pour l'époque. Il est par exemple le premier à se soucier de l'alimentation des joueurs, à leur faire passer une batterie de tests physiques et à importer des exercices d'entraînement inédits en Angleterre. Résultat : les joueurs vomissent à chaque séance, mais finissent par devenir des athlètes. Et ne peuvent qu'adhérer : « Ma femme m'a toujours dit : "Tu aimes Malcolm Allison plus que tu m'aimes.", a un jour déclaré la légende skyblue Mike Summerbee.
Comment pouvais-je la contredire ? Nous allions au but en trois passes. Nos attaquants étaient toujours en mouvement, notre football était simple et rapide. » Car derrière, celui qui a importé le style continental au Royaume-Uni, fondé quelques années avant le désormais célèbre centre de formation de West Ham ou fait de City la meilleure équipe d'Angleterre en trois ans, il y a « Big Mal ».
Un hédoniste flamboyant, soucieux de ses hommes et de vivre - un peu trop - pleinement sa vie, depuis ce jour de 1958 où une tuberculose a mis fin à ses rêves de footeux. Un homme qui interdit la bière à ses joueurs, mais autorise le champagne : « Une bonne boisson pour un verre propre. »
Un homme qui avant d'être sur un banc, a été tour à tour ferrailleur, vendeur de voitures, proprio de boîte de nuit à Soho, spécialiste des écrits de Churchill.
Un homme qui a piqué la femme de Roger Moore et refusé une offre de la Juventus à cause du chihuahua d'une strip-teaseuse hongroise de Turin.
Un homme qui s'est fait virer de Crystal Palace en 76 pour avoir convié et déniaisé l'actrice X Fiona Richmond dans la baignoire des vestiaires un soir d'entraînement, entouré de ses joueurs.
Un homme qui n'entrait jamais dans un stade habillé autrement qu'avec un caban en laine d'alpagas, un borsalino couleur feutre sur la tête et muni d'un cigare cubain.
Un homme qui finira seul, alcoolique et fauché dans une clinique spécialisée.
Un homme qui décèdera le 14 octobre 2010 à l'âge de 83 ans et que la presse qualifiera alors de « tout premier playboy du foot anglais ».
Un homme dont José Mourinho a un jour dit qu'il était sa principale source d'inspiration.

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MessagePosté le: Dim 23 Juin - 14:09:21 (2013)    Sujet du message: Le Top 100 des entraîneurs Répondre en citant

20. Vicente del Bosque




Vicente del Bosque González, Marquis de Del Bosque. Il n'y a pas qu'en Angleterre qu'on anobli les managers de football.
Pur produit du Real Madrid. Il a été formé dans le club madrilène et y a joué l'essentiel de sa carrière, au poste de milieu défensif, comptant 441 apparitions en Liga pour 30 buts inscrits.
Del Bosque est gros, porte la moustache depuis sa naissance et n'a pas de contrat publicitaire avec un couturier italien. Pourtant, c'est impossible de s'engueuler avec lui.
Même quand certains en veulent à son titre de meilleur entraîneur de 2012, quand ceux-là disent qu'en fait ils ont voté pour Mourinho, La Moustache ne répond pas « ce ne sont pas mes affaires ». Ce qui intéresse Del Bosque, c'est le foot, les joueurs, les titres.
L'entraîneur espagnol n'a peut-être pas la touche qu'il faut pour défiler sur les podiums ou faire le malin. Pourtant les premières marches, c'est sa spécialité. Del Bosque est le coach en activité le plus et le mieux titré : 1 Coupe du monde, 1 Euro, 7 ligas, 4 Coupe du Roi, 1 Intercontinentale, 1 Supercoupe d'Europe, 2 Champion's League, 1 Supercoupe d'Espagne.
Il a aussi remporté un autre titre qui n'a pas la forme d'une coupe ou d'un trophée. Avoir été le coach des Galactiques 1.0 et en avoir fait une équipe de foot, mérite plus qu'une médaille.
Le plus beau trophée, c'est celui qui s'impose sans bruit. Le respect.
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MessagePosté le: Mar 25 Juin - 22:35:43 (2013)    Sujet du message: Le Top 100 des entraîneurs Répondre en citant

 19. Gusztav Sebes



«On a perdu. On a perdu… » Le 30 janvier 1986, Gusztáv Sebes lâche ces derniers mots sur son lit de mort. Jusqu'au bout, le fantôme de Berne va hanter le chef d'orchestre des Magiques Magyars.
Vingt-deux ans après, il cherche encore à comprendre comment sa Hongrie a pu rater la dernière marche contre cette frustre RFA.
Avec une génération de footballeurs exceptionnels composée notamment Ferenc Puskás,Sandor Kocsis et Nandor Hidegkuti, il bâtit une équipe hongroise invaincue pendant quatre ans.
Lors de ces quatre années, la Hongrie remporte la médaille d'or aux Jeux olympiques de 1952 à Helsinki et gagne la Coupe Internationale en 1953. Elle est cette même année la première équipe non-britannique à battre l'Angleterre à Wembley en 1953 (6-3), match qui a marqué l'histoire du football.
Lors de la revanche l'année suivante à Budapest, le score est encore plus lourd (7-1).
Au moment d'aborder la Coupe du monde 1954, les Magiques Magyars de Sebes commence par balayer la Corée du Sud, l'Allemagne (RFA), le Brésil et l'Uruguay.
En finale, Gusztav retrouve les allemands déjà vaincus quelques semaines avant. Mais il y avait un traquenard. Cà n'est pas la même équipe; les remplaçants du 1er match sont sur le terrain pour cette finale.
Rien de grave pour Gusztav, à la 8ème minute, les hongrois mène déjà 2-0.
«On a perdu. On a perdu… ». Effectivement les allemands remporte cette rencontre 2-3 et ce match porte encore le nom de "miracle de Berne".
Le pays a besoin d'un coupable, l'ancien contremaître de Boulogne-Billancourt (devenu ministre des Sports) est tout désigné pour çà. On lui reproche de s'être trop appuyé sur le même onze. De ne pas avoir fait tourné du tout pendant toute la compétition.
Mais comment lui en vouloir ? Comment en vouloir au sélectionneur de l'équipe qui a juste révolutionné le football ?
Comme le disait si bien Ferenc Puskás :
« Lorsque nous attaquions, tout le monde attaquait. En défense, c'était pareil. Nous étions les précurseurs du football total. »
Sauf qu'à la fin c'est l'Allemagne qui gagne.
«On a perdu, on a perdu… »


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Thierry Roland
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MessagePosté le: Mer 26 Juin - 05:04:22 (2013)    Sujet du message: Le Top 100 des entraîneurs Répondre en citant

Merci bcp de tenir ce topic historique.
C'est un peu la version football de la dernière séance du Maître, la touche perso en moins.


Qu'est ce que ça peut me manquer une épopée européenne avec le LOSC ... Bon sang ...
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MessagePosté le: Mer 26 Juin - 22:02:30 (2013)    Sujet du message: Le Top 100 des entraîneurs Répondre en citant

 18. Coco Suaudeau
 


Nous sommes le 5 juillet 2012, trois jours avant la nomination de Didier Deschamps au poste de sélectionneur de l'équipe de France.
Il n'y a déjà plus de suspense depuis bien longtemps, mais Jérémie Janot tente de lancer un putsch sur Twitter : « Et pourquoi pas Coco Suaudeau sélectionneur !!! »
Une vanne, bien sûr, mais 47 retweets. C'est que le running gag court depuis à peu près aussi longtemps qu'un canari à l'entraînement sous le règne du maître. Voilà quinze ans que Jean-Claude Suaudeau a rangé son tableau noir et sorti sa canne à pêche, mais à chaque fois que le banc des Bleus est vide, on ressort son nom des tiroirs.
On l'a même imaginé à la tête de la Direction technique nationale, en grand manitou montrant la voie du jeu à la Nantaise à la formation française. Une voie qui aurait sans doute évité à la FFF quelques récentes humiliations.
Mais la vérité, c'est que Coco était trop libre pour ça, il avait déjà quitté Nantes parce qu'on ne le laissait pas appliquer ses idées à la lettre, ce n'était pas pour se mettre un fil encore plus serré à la patte.
« Quand vous croyez profondément en ce que vous faites, ce qui a toujours été mon cas, vous ne pouvez pas accéder à ce genre de poste », expliquait-il sans regret en 2010. 
Aujourd'hui, Coco regarde encore quelques matchs, surtout les grandes équipes, un peu le FC Nantes, mais il ne veut plus trop en parler publiquement.
On arrive toujours à sentir le rythme du jeu dans celui de ses phrases, mais il préfère jouer à la belote avec Robert Budzynski.
En décembre 2013, pourtant, quand la France se sera fait sortir par la Belgique en barrages des éliminatoires de la Coupe du monde, tout le monde aura à nouveau une petite pensée pour lui.


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MessagePosté le: Jeu 27 Juin - 22:26:34 (2013)    Sujet du message: Le Top 100 des entraîneurs Répondre en citant

 17. Fabio Capello



L'image que les plus jeunes ont de Fabio Capello est sans doute celle d'un type qui n'a jamais réussi à imposer sa patte en Angleterre et s'est chamaillé avec la Fédération pendant tout son mandat avant d'échouer en Russie.
Les jeunes, ne vous trompez surtout pas. Un chiffre ? Avant l'aventure anglaise, Capello, c'était 15 saisons de coaching et 14 trophées.
Au moment de passer du terrain au banc de touche, l'Italien avait préparé son casse en étudiant ce qui se faisait dans d'autres sports.
 Quand So Foot l'avait rencontré, à Wembley en 2011, l'ancien directeur du Milan Omnisports dans les années 80 avait été très clair :
« J'ai beaucoup appris de chaque discipline. Dans le volley, il n'y a aucun contact physique, sinon avec la balle, alors les joueurs ressentent le besoin de se toucher après chaque point. Cela m'a fait réfléchir sur la notion de groupe. En regardant le hockey, un sport où les cages sont tellement étroites qu'il faut être devant le but pour marquer, j'ai réalisé que les buts se marquent justement là, devant les cages, et qu'il faut donc être en nombre dans la surface pour marquer. Même le base-ball est intéressant. Parce que tu es là, tu peux jouer, jouer, et ne jamais recevoir la balle. C'est toujours "Wait, wait, wait", puis à un moment tu dois courir (rires). C'est le sport de la tension, de l'attente, donc de la concentration. »
C'est un fait, Capello ne laisse rien au hasard. Les séances d'entraînement sont décortiquées à la vidéo, les placements des joueurs sur le terrain chirurgicaux, et à chaque fois qu'il arrive dans un nouveau groupe, dix commandements doivent être appliqués par tous.
Quand on lui avait finalement demandé de résumer son football, il avait répondu :
« Ma philosophie, c'est qu'il faut être très organisé jusqu'aux 25 derniers mètres. Mais après, c'est le talent qui fait la différence. »
Ne jamais enterrer Fabio Capello trop vite. Tant qu'il respire encore sur un banc de touche, il restera des chances de le voir soulever un autre trophée.
Après tout, sa victoire folle contre le Barça (en finale de C1 1994) en tant que successeur de Sacchi au Milan AC prouve que le maître est capable de l'impossible : continuer à gagner après celui qui avait révolutionné le football.
Ne pas s'étonner outre mesure que Don Fabio réalise quelque chose avec la Russie.
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MessagePosté le: Dim 30 Juin - 16:03:57 (2013)    Sujet du message: Le Top 100 des entraîneurs Répondre en citant

16. Arsène Wenger

Arsène Charles Ernest Wenger (dit Le Professeur) a toujours été destiné à être entraineur puisqu'il a été élevé dans le seul bistrot de son village natal.
Il y a presque tout appris, sur le pourquoi et le comment du football;
« Il n'y a pas de meilleure éducation que de grandir dans un bistrot. Quand on a cinq ou six ans, vous rencontrez toutes sortes de personnes et vous entendez combien cruels ils peuvent être les uns avec les autres. Ce n'est pas courant qu'un garçon de cinq ou six ans vive toujours avec des adultes dans un petit village. J'ai appris question tactique et sélection de ces gens qui venaient dans le bistrot et qui parlaient tout le temps football, de qui devait jouer sur l'aile gauche et de qui devait être dans l'équipe. »
Il arrive en 96 à Arsenal, se donne 2 saisons pour mettre un groupe en place et commencer a empiler les titres.
Grâce a son éducation, il sait qu'il doit impressionner rapidement, et çà marche. 
Déjà au Japon, il a rapidement marqué les esprits en réussissant à faire venir des joueurs européens dans un club de fond de tableau. Et çà marche.
Avant Arsène, les Gunners n'existaient presque pas.
Il fait des trucs qui marquent les esprits, genre les doublés. Cà fait toujours plaisir un petit doublé coupe-championnat, mais 2 çà fait encore plus plaisir.
La dessus, il emmène les Gunners vers les coupes européennes. D'abord en C3 et rapidement en C1.
Arsène est ou au-moins a été un manager qui rapporte plus d'argent qu'il n'en coute. Exemple: en 1997, il achète au PSG le jeune Anelka pour 5 millions de francs et le revend 2 saisons plus-tard au Real Madrid pour 220 millions de francs.
De quoi se faire élever une statut au milieu des trophées.
Mais aimer Arsène Wenger, par les temps qui courent, ce n'est pas facile. C'est vrai quoi, le mec, la dernière fois qu'il a gagné un trophée, c'était en 2005.
Avec sa doudoune qu'il n'arrive jamais à fermer par-dessus son costume, on ne peut pas dire qu'il respire la classe.
Dans ses déclarations d'après-match, il est souvent encore plus catastrophique, oscillant entre lâcheté quand il s'agit de commenter le mauvais comportement de ses troupes ou langue de bois de compétition.
Et encore, on passe sous silence son activité de consultant sur TF1. 
Dans n'importe quel autre club, le mec qui recrute Park ou Koscielny pour plus de 10 millions d'euros se fait virer sans indemnité.
Oui, mais l'entraîneur alsacien, qui a demandé qu'une rencontre soit rejouée parce que le fair-play avait été bafoué, ou qui avait plus jeune refuser de signer au Bayern par respect pour Monaco avant de se faire virer quelques semaines plus tard, a une stat qui parle pour lui : Anelka, Overmars, Petit, Kanu, Vieira, Pires, Henry, Ljungberg, Lehmann, Flamini, Hleb, Gilberto Silva, Adebayor, Kolo Touré, Fàbregas, Nasri et Song.
Aucun de ces joueurs n'a été meilleur dans sa carrière après avoir rangé au placard le maillot des Gunners.
La preuve que oui, « In Arsene we (can) trust ».


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MessagePosté le: Dim 30 Juin - 16:32:15 (2013)    Sujet du message: Le Top 100 des entraîneurs Répondre en citant

15. Bill Shankly


Des titres, des phrases cultes et un héritage sans pareil. Voilà ce qu'aura laissé Bill Shankly, l'homme « qui a rendu les gens heureux », à Liverpool.
L'histoire d'amour entre le manager écossais et le LFC aurait pourtant pu tourner court après un premier entretien d'embauche raté, mais les deux parties étaient faites pour vivre ensemble une extraordinaire histoire.
L'histoire d'un homme du peuple qui a redonné des titres à une équipe alors endormie en deuxième division. « Liverpool était fait pour moi et j'étais fait pour Liverpool », dira Shankly.
Arrivé chez les Reds en 1959, il les fait remonter dans l'élite trois ans plus tard.
Adepte d'un jeu de mouvement, le natif de Glenbuck construit surtout ses succès grâce à l'état d'esprit qu'il inculque à ses joueurs, un fighting spirit, un amour du maillot sans faille et une haine du rival Everton
« Quand je n'ai rien de mieux à faire, je regarde en bas du classement comment se porte Everton ».
Pendant ses 15 ans à la tête de Liverpool, l'ancien international écossais va dépoussiérer l'armoire à trophées en y ajoutant trois titres de champion (1964, 1966 et 1973), deux Cup (1965 et 1974) et une Coupe de l'UEFA, le premier trophée européen du club (1973).
Shankly passe ensuite la main à Bob Paisley en 1974, son adjoint, qui va surfer sur la dynamique et remporter pas moins de 19 trophées avec les Reds.
Shankly, même à la retraite, se rend souvent à Melwood pour voir s'entraîner l'équipe de Liverpool jusqu'à son décès en 1981.
Et derrière le Kop d'Anfield, c'est bien Shankly qui a sa statue... 
Normal pour un gars qui a dit un jour:
« Dans un club de football, il y a une Sainte Trinité : les joueurs, l'entraîneur et les supporters. Les présidents n'en font pas partie. Ils sont juste là pour signer les chèques. »
Et la porte d'entrée d'Andfield s'appelle "Porte Shankly"

  
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MessagePosté le: Dim 30 Juin - 16:55:19 (2013)    Sujet du message: Le Top 100 des entraîneurs Répondre en citant

14. Giovanni Trapattoni

Une carrière est parfois faite de détails. Giovanni Trapattoni, en tant que coach, a pratiquement tout gagné.
Pourtant, le nom de Trapattoni sera associé pour toujours à une chose. Cette folle conférence de presse de mars 1998, à l'époque où il était au Bayern Munich. Une conférence où le bon Giovanni pète un câble, dans un allemand hésitant, ce qui donne lieu à un moment culte du football européen de ces 20 dernières années.
L'instant est d'autant plus dingue que c'est la première fois que l'on voyait le Trap dans cet état-là. Un Trap qui, tout au long de sa carrière de joueur, avait fièrement porté le maillot du Milan AC.
Après avoir raccroché, il en devient l'entraîneur. Sans trop de succès.
Le destin l'envoie finalement à la Juventus. C'est là qu'il devient le Trap, celui qui va révolutionner le club turinois. Et tout gagner.
C'est la grande Juve de Zoff, Gentile, Scirea, puis Paolo Rossi, Platini, Boniek. Une équipe qui rafle tout, du Scudetto (six titres de 1977 à 1986) à la controversée Coupe des Champions 1985 (celle du Heysel), en passant par la C2 (1984) et la C3 (1977 et 1993).
Mais là où Trapattoni s'est imposé comme l'un des plus grands coachs de l'histoire, c'est qu'il est parvenu à gagner partout : en Allemagne avec le Bayern (Coupe, championnat, Coupe de la Ligue entre 1997 et 1998), au Portugal avec Benfica (champion en 2005) et en Autriche avec Salzbourg (champion en 2007).
Le technicien s'est même permis le luxe de décrocher un Scudetto et une C3 avec un autre club italien, en l'occurrence l'Inter.
Son seul regret : ne rien avoir remporté avec la Squadra Azzurra, qu'il a guidée de 2000 à 2004.
Paraît-il qu'il fait encore des cauchemars de Byron Moreno…
Et de Thierry Henry ?
Dernièrement, il partage son talent entre l'Irlande et le Vatican.
C'est plutôt normal pour un entraineur qui a retenu l'attention durant la coupe du monde 2002 avec un geste de superstition avant chaque match, celui d'asperger le terrain avec de l'eau bénite
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MessagePosté le: Lun 1 Juil - 22:24:24 (2013)    Sujet du message: Le Top 100 des entraîneurs Répondre en citant

 13. Louis van Gaal

C'est dans l'adversité qu'on reconnaît le vrai talent des coachs controversés.
À l'orée de la saison 2007-2008, Louis van Gaal annonce qu'il quittera l'AZ (Pays-Bas) en fin d'exercice, déçu par son manque de succès avec Alkmaar qu'il drive depuis deux ans.
C'est que l'ex-champion d'Europe avec l'Ajax et champion d'Espagne avec le Barça est tombé en disgrâce après sa non-qualification avec les Oranje pour la Coupe du monde 2002.
Van Gaal a dû retourner au foot de base avec le petit club de l'AZ. Une humilité qui force le respect. Mais tout l'effectif d'Alkmaar va retenir son coach et le pousser à ne pas lâcher de suite !
Et vlan pour sa réputation de dictateur détesté de ses joueurs…
Avec Van Gaal, l'AZ finira champion des Pays-Bas en 2009 en damant le pion aux cadors d'Eredivisie (Ajax, PSV). Un petit exploit qui a relancé la carrière de Louis le Terrible : le Bayern viendra le chercher à l'été 2009.
Un autre aspect méconnu de Van Gaal, c'est l'hommage appuyé de certains tauliers actuels du Barça. Malgré son passage à Barcelone (1997-2000 puis vers 2002-03) que Van Gaal avait transformée en « Ajax de Barcelone » (jusqu'à neuf joueurs néerlandais !), Xavi, Iniesta, Valdés, entre autres, insisteront sur la qualité de ses entraînements et des exercices tactiques originaux où rien n'était laissé au hasard.
Certains joueurs blaugrana actuels reconnaissent également que c'est Van Gaal qui leur a offert la chance de pouvoir débuter en pro à une époque où l'argument « jeunesse » ne coulait pas vraiment de source du côté du Nou Camp…
Et on en arrive fatalement au génie formateur « made in Ajax » de Van Gaal.
Avec une équipe de golden boys (à peine 22 ans de moyenne d'âge, sans Rijkaard et Blind) l'Ajax de Kluivert, Overmars, des frères De Boer, Davids, Seedorf, Kanu, Finidi, Van der Sar, Reiziger, Bogarde ou Litmanen a terrorisé l'Europe en devenant champion continental (C3 92 avec Bergkamp puis C1 95) puis intercontinental (1995, contre le Grêmio).
Le grand retour de l'Ajax au premier plan qu'on n'espérait plus.
Aux Pays-Bas, on salue encore son coup de maître légendaire contre le Milan de Capello en finale de C1 95 (1-0) : avec l'entrée à la 70e de Kluivert, buteur à la 84e, puis de Kanu, Louis avait pris le risque insensé de jouer à quatre attaquants pour faire plier les Rossoneri !
En finale de C1 1996, ce n'est qu'aux tirs au but que la Juve fera plier les Ajacides…
Après l'Ajax, le Barça, l'AZ, c'est au Bayern que Van Gaal fera émerger Badstuber, Thomas Müller et Schweinsteiger (que Van Gaal fera avantageusement passer de joueur de couloir à demi défensif plus axial).
À Munich, Van Gaal réussira le doublé coupe-championnat 2010, échouant en finale de C1 contre l'intouchable Inter de Mourinho, ex-assistant de Louis au Barça et disciple admiratif du maître hollandais…
Dernier aspect méconnu du coach à succès : c'est plus une philosophie de jeu qu'un système unique et rigide que prône Louis van Gaal. « Le système dépend d'abord des joueurs dont on dispose. Je jouais en 4-3-3 avec l'Ajax, en 2-3-2-3 avec le Barça et en 4-4-2 avec l'AZ. Je suis flexible. »
Van Gaal a même l'humilité de dire que sa philosophie de jeu (offensive, ultra solidaire dans la récup et l'occupation rationnelle du terrain) n'est pas adaptable dans tous les clubs.
Reste le personnage… L'homme au calepin est autoritaire, cassant, limite parano avec la presse (au Barça, ses clashs sont restés mémorables).
La haine réciproque et sans retour entre Van Gaal et Cruyff fait encore les délices des conversations foot aux Pays-Bas.
Bien parti pour qualifier les Oranje au Mondial 2014, une élimination prématurée lui vaudra un bombardement atomique définitif de Killer Johan.
La sélection néerlandaise… C'est l'ultime mission, la deuxième chance inespérée dont rêvait Van Gaal après son échec cuisant de 2002 (Hollande non qualifiée, troisième derrière Portugal et Eire : un traumatisme national).
Et là, Van Gaal ne rigole pas : aucun passe-droit, pas de sénateurs, zéro statut d'ancien ! Van Gaal pourrait sans problème se passer de Sneijder, Robben, Van der Vart ou autres s'ils ne sont ni titulaires en club, ni en forme.
Le sélectionneur « ajacide » (assisté de Danny Blind et Patrick Kluivert) a décidé de faire confiance aux jeunes d'Eredivisie qui ont les crocs (Lens, Clasie, Strootman, Martins Indi, Daley Blind, Janmaat), plutôt qu'aux vieux crocos indignes de l'Euro 2012.
Louis nous refait-il le coup de l'Ajax doré des années 90 ?
Gare aux Pays-Bas du revanchard Van Gaal au Brésil 2014…  


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MessagePosté le: Mer 3 Juil - 22:13:39 (2013)    Sujet du message: Le Top 100 des entraîneurs Répondre en citant

 12. César Luis Menotti
 
C'est l'histoire d'un mec qui a mené son pays au titre suprême, le Mondial 1978 à domicile, qui a marqué l'histoire d'Huracán en décrochant le seul titre de champion de son existence professionnelle (en 1973), qui a gagné trois coupes nationales la même année avec le Barça (en 1983), et qui a échoué dans ses 14 autres tentatives sur les bancs de touche.
Mais toujours avec la même idée en tête. Avec la même philosophie de jeu. Et avec la peau sur les os et la clope au bec.
En Argentine, Menotti est une école de football.
Fan de la Hollande de Cruyff et du Barça de Pep (« Il y a plein de Mourinho, mais Guardiola, il n'y en a qu'un seul »), El Flaco, encore un, est un adepte de la possession de balle, de la passe courte et précise, du football total, technique et offensif.
« Le but doit être une passe aux filets », théorise-t-il.
Premier sélectionneur longue durée de l'Argentine (74-82), il a soulevé la première Coupe du monde de l'Albiceleste, après avoir fait jouer à merveille cet Huracán de René Houseman.
Le reste du temps, il a essayé d'appliquer sa conception du jeu à des équipes qui n'étaient pas prêtes pour ça.
Il y a deux ans tout juste, c'est la cigarette qui a failli avoir raison de lui. Depuis, il prend soin de ses poumons et balance une pique à Bilardo, son parfait contraire en Argentine, à la moindre occasion.
« Le football est tellement généreux qu'il a sauvé la médecine de Bilardo. »
Un esthète, un vrai. Pratiquement inconnu et souvent incompris comme presque tous les esthètes.
Si vous passez cet été par le Mexique, il entraine l'Estudiantes Tecos; une des équipes de Zapopan, dans l'État de Jalisco.
Allez lui serrer la main; il est quand même champion du monde.
 

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MessagePosté le: Jeu 11 Juil - 22:19:36 (2013)    Sujet du message: Le Top 100 des entraîneurs Répondre en citant

 11. Marcelo Bielsa

De son passé de joueur, rien ou presque : quatre petits matchs disputés au poste de défenseur central en première division avec Newell's à la fin des années 70. Au début des eighties, Bielsa intègre la cellule recrutement du club de Rosario.
Sa première décision est celle d'un missionnaire : il prend un an pour parcourir l'Argentine, du Rio de la Plata à la Terre de feu. Un périple en cinq étapes de 5000 km chacune, effectué à bord d'une Fiat 147 CL modèle 1985.
Avant de prendre la route, Bielsa a découpé le pays en soixante-dix zones. Dans chaque village, il commence par demander à parler à la personne qui connaît le mieux le football. Puis il en fait son contact privilégié.
Un matin froid de 1986, El Loco roule en direction de Murphy, bled paumé de la province de Santa Fe. On lui a parlé d'un phénomène.
Lorsqu'il sonne chez les parents, l'enfant dort encore. Le coach insiste néanmoins pour qu'on lui ouvre la chambre, car il tient à voir les jambes du prodige. Convaincu, il enrôle sur le champ le gamin de 13 ans. Cinq ans plus tard, Mauricio Pochettino sera sacré champion d'Argentine aux côtés de l'ancien Marseillais Eduardo Berizzo et d'un certain Gabriel Batistuta, tous détectés par Bielsa. Qui, selon la légende, possèderait plus de 25 000 vidéos de foot.
Lors du Mondial 2002, alors qu'il était sélectionneur de l'Argentine, il avait exigé qu'on lui livre un container de 7000 cassettes afin de mieux étudier ses adversaires.
Pour ce qui concerne le management, Bielsa n'entretient aucun rapport de proximité avec ses joueurs, n'en tutoie aucun et exige que ses consignes soient respectées à la lettre.
« Lors d'un match, il m'avait obligé à dégager directement en touche. Il disait que c'était plus facile de récupérer le ballon de cette façon. Parce que pendant que l'adversaire faisait la remise en touche, l'équipe d'en face n'avait plus que 10 joueurs sur le terrain alors que nous, nous étions 11 », raconte Norberto Scoponi, son ancien gardien de but à Newell's.
Tactiquement, Bielsa avoue une coquette préférence pour le 3-3-1-3.
Selon lui, le football tient en quatre mots : « Concentration, mobilité, rotation et repli. Quand l'adversaire a le ballon, toute l'équipe fait le pressing le plus près possible de la surface adverse. Je suis un obsessionnel de l'attaque. Le football offensif est infini. Moi, je joue avec un schéma court, avec peu de distances entre les lignes, je place mes joueurs sur l'une des moitiés longitudinales du terrain pour obtenir une supériorité numérique. Si on le fait bien, l'adversaire n'a pas d'issue. » Comme le Brésil face à son Chili 2010.
Problème, ça n'a duré que cinq minutes. Cinq premières minutes de pressing effréné et de passes qui donnent le tournis, de combinaisons retorses et de tirs dans des positions impossibles. Cinq premières minutes de football total. Cinq premières minutes de courage absolu. Puis une défaite 3-0. Pour une élimination en huitièmes de finale. Et une nouvelle disparition de Marcelo. Car Bielsa est bien le Terrence Malick du ballon : il signe un chef-d'œuvre tous les dix ans avant de s'évaporer dans la nature, qui le lui rend bien.


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