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Le Top 100 des entraîneurs
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chtiga42
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MessagePosté le: Ven 12 Juil - 20:44:29 (2013)    Sujet du message: Le Top 100 des entraîneurs Répondre en citant

10. Brian Clough



Que faut-il retenir de Brian Clough?
L’Angleterre, aveuglée par les succès, le charisme et les bons mots, a choisi de ne garder que la face présentable de l’ancien entraîneur de Nottingham Forest, avec qui il surgit du néant pour chiper deux Coupes des champions de suite, en 1979 et 1980.
Une vision partielle qui ne reflète pas la vérité d’un homme complexe.

Lorsque Brian Clough débarque dans la forêt de Sherwood en 1975, Nottingham Forest végète en deuxième division.
Lui a pile 40 ans. Sa carrière de coach est à un carrefour.
A Derby, il a connu une réussite extraordinaire, remportant le titre au nez et à la barbe du Leeds surpuissant de Don Revie. Mais il traîne aussi une double expérience malheureuse, d’abord à Brighton (D3), et surtout à Leeds, où il n’est resté que 44 jours, le temps d’une intersaison calamiteuse.
Clough finit la première saison mi-figue, mi-raisin, à une petite huitième place de deuxième division. Mais il impose déjà sa méthode : à lui la motivation, et à Peter Taylor, son inséparable compagnon rencontré lors de ses années de joueur à Middlesbrough, la recherche de talents et le sens tactique.
La recette avait marché à Derby, elle marchera à Forest : grâce aux venues de Archie Gemmill, John Mc Govern, Peter White et à l’éclosion de Woodcock, Robertson et Viv Anderson (premier joueur noir sélectionné en équipe d’Angleterre), voilà Nottingham parmi l’élite en 1977.
La saison 1977–1978 est celle de la consécration. Liverpool, intouchable en Europe et double champion d’Angleterre, semble, à l’époque, imbattable. Mais Forest démarre au taquet, trois victoires d’affilée, prend confiance et tient le rythme.
Pour stabiliser leur défense, Clough et Taylor achètent Peter Shilton, déjà international depuis presque dix ans, mais qui se prépare alors à une carrière de club à la Gordon Banks, sans trophée ni chair de poule. C’est un coup de maître.
Forest ne perd que trois matchs dans la saison, n’encaisse que 24 buts en 42 journées, et en marque 69.
Le style est déjà là : une défense physique, un milieu travailleur, une attaque où force et finesse font bon ménage. Forest exploite les vertus du jeu anglais, mais en jouant le plus souvent au ras du sol.
De mi-novembre à fin mai, l’équipe ne perd pas un match. Alors que Forest compte cinq points d’avance au Nouvel an, Brian Clough déclare : “La dernière fois que Nottingham s’est retrouvée cinq points devant tout le monde, c’était dans un match de Cricket.”

Finalement, Forest est champion avec sept points d’avance sur Liverpool. Kenny Burns est désigné joueur de l’année, Clough manager of the year.
Septembre 1978, Nottingham attaque la Coupe d’Europe des Clubs champions contre… Liverpool, vainqueur des deux dernières éditions.
Le héros s’appelle Gary Birtles. Acheté dans un petit club amateur, Birtles ouvre la marque et fait une passe décisive pour son premier match avec Forest (2-0). Puis, c’est le match de l’année, au City Ground, en demi-finale contre Cologne. Forest est mené 2-0, les supporters craignent le pire. Pourtant, rapidement, Nottingham refait surface, mène 3-2 et se fait rejoindre par un but du Japonais Okudera.
Un match de pure folie offensive, joué à cent à l’heure sur un champ de patates indigne d’une équipe de district.
Au retour, Forest n’a qu’une seule occasion, mais Ian Boywer la met au fond d’un coup de tête rageur (1-0).
En finale, Trevor Francis, acheté 1 million de livres, catapulte le ballon dans les cages de Malmö.
Cette année-là, Forest met fin à son invincibilité de 42 matchs en championnat, finit la saison deuxième du championnat derrière Liverpool, mais remporte encore la Coupe de la League.
La saison 79-80 marque les premiers accros pour Clough et Forest. O’Neil et Archie Gemmill quittent le club, fâchés avec leur manager qui les a écartés de la finale de Coupe d’Europe. Woodcock s’enfuit à Cologne.
Au mois de mars, l’équipe est au plus mal. Larguée en championnat, elle perd à domicile son quart de finale aller contre le Dynamo Berlin (0-1), puis la finale de la Coupe de la League contre Wolverhampton avec un but ridicule offert à Andy Gray par Needham et Shilton.
Mais Trevor Francis se réveille, et c’est finalement John Robertson qui, d’un tir bien placé contre Hambourg à Madrid, permet à Forest de conserver in fine son titre européen.
Clough et Taylor quittent le stade bras dessus, bras dessous. Ce sera leur dernier succès commun. La saison suivante, Taylor et Clough se brouillent, sans jamais se réconcilier.
Brian ne s’en remettra jamais. Sans son fidèle compagnon, le coach aux succès surprise perd son flair et noie son inspiration dans l’alcool.
A part çà, il était franchement homophobe, mais c'était un lieu commun à cet époque.
Et puis en 1994, après 18 saisons sur le banc, il prend sa retraite quand Forest est redescendu en seconde division.
Il a su maintenir son train de vie en publiant une autobiographie polémique, qui s'est vendue par palettes, ou il désigne les supporters de Liverpool comme les seuls responsables du drame d’Hillsborough. 96 supporters meurent écrasés contre les grilles de protection qui entourent le terrain.
"Je suis convaincu que les fans de Liverpool ont tué d’autres fans de Liverpool. Les supporters Reds sont les seuls responsables de cette tuerie. De toute façon, ce sont tous des hooligans."
Pendant que Liverpool rumine sa colère triste, Clough compte ses billets.

Sur le plan sportif, tous les clubs où il est resté au moins une saison furent des réussites sans précédent. Il a mené deux clubs de 2e division au titre en moins de 3 saisons, et a remporté deux coupes d’Europe. Sa réussite, son ego et son caractère sont similaires à ceux de José Mourinho, que l’on qualifie d’ailleurs de « Brian Clough du football moderne ».
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MessagePosté le: Ven 12 Juil - 20:44:29 (2013)    Sujet du message: Publicité

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MessagePosté le: Lun 22 Juil - 20:12:59 (2013)    Sujet du message: Le Top 100 des entraîneurs Répondre en citant

9. Helenio Herrera



Le football des cinquante dernières années est incontestablement marqué par les initiales « HH ».
De Buenos Aires à Venise en passant par Casablanca et Paris, Helenio Herrera a révolutionné le rôle de l'entraîneur, la tactique, la psychologie des joueurs, le professionnalisme et même l'animation des tribunes.
Son héritage reste pourtant mystérieux : décrié pour un football soi-disant destructeur, « Il Mago » a aussi été le guide du Barça le plus offensif de l'histoire.
S'il ne finit pas numéro un, ce top 100 n'aurait jamais existé sans lui.
....
Helenio Herrera n'était pas un homme comme les autres. La preuve, il avait deux dates de naissance : 1910 et 1916. Né dans ces eaux-là au bord du Río de la Plata à Buenos Aires, Helenio quitte l'Argentine à quatre ans, direction Casablanca. Fils d'anarchistes espagnols réfugiés, Herrera débarque finalement à Paris à 16 piges, pour une carrière de défenseur d'un niveau tout à fait correct (convoqué deux fois avec les Bleus, il n'entrera jamais en jeu en match international). Entraîneur du Stade Français de 1946 à 1948, il quitte finalement la France pour l'Espagne.
On a souvent présenté Herrera comme un homme sans morale, glissant des pilules magiques dans le café de ses joueurs, arrangeant des matchs, poussant ses hommes à bout et faisant carrière sur un malentendu : Herrera aurait été si myope qu'il ne voyait rien depuis son banc de touche. Avec ses dons et ses vices, dans ses grandes victoires et ses nombreuses défaites, et si Helenio avait tout simplement été l'architecte du football moderne ?
...
Certes, il faut concéder que le football fut inventé par les Anglais. Mais pour faire du football autre chose qu'un jeu ou qu'un simple sport, et par cela on entend quelque chose de supérieur, il fallait la grandeur d'un esprit sans règle princière, sans loi morale, sans frontière. À la fois argentin, espagnol, français et quelque part italien, Herrera était l'homme de la situation.
Dans la sombre Europe de l'après-guerre, l'esprit d'Herrera transforma le football en cinq étapes.
D'une, HH métamorphosa le rôle de l'entraîneur, qui passa de « celui qui entraîne » à la personnalité centrale de tout club de football. À la fois stratège, motivateur et psychologue avec ses joueurs, Herrera dépassa sa fonction en considérant les conférences de presse et sa communication externe comme deux données fondamentales.
S'amusant à annoncer les résultats de son équipe – d'où le surnom « Il Mago » (le magicien) – il fut également l'auteur de citations mythiques telles que « à 10, nous jouons mieux qu'à 11 » ou encore « l'an passé, nous étions partis très forts. Cette saison, nous avons décidé de partir plus tranquillement et de mettre tous nos efforts sur les matchs retour ».
Du Mourinho avec un accent français.
Surtout, le Franco-Argentin avait une telle aura qu'il fut le premier à donner son nom à une grande équipe; Après le Real de Di Stéfano ou le Barça de Kubala, on parlait de la Grande Inter d'Herrera.
...
De deux, Helenio transforma la façon de préparer une équipe de football. À commencer par l'usage de la psychologie.
À l'Inter, Herrera avait fait accrocher aux murs du vestiaire des messages du type « Celui qui joue pour lui-même joue pour l'adversaire. Celui qui joue pour les autres joue pour lui-même », et demandait à ses joueurs de courir en chantant le célèbre « classe + préparation + intelligence + athlétisme = trophées ». Mario Corso se rappelle : « Ces petites pancartes étaient folkloriques, mais quand on s'est rendu compte que, en suivant ces slogans, les résultats arrivaient… on a commencé à y croire ».
En plus de ce travail sur le mental, Herrera fut le premier à étudier exhaustivement l'adversaire, avec un impressionnant réseau d'observateurs.
Dans le recueil de citations que sa femme publia après sa mort, on retrouve certaines citations qui nous laissent imaginer ses méthodes : « Évite la monotonie, dans les discours, les entraînements, l'alimentation » ou même « Intelligence et plaisir du travail : voilà le secret du succès ».
...
De trois, Helenio façonna le professionnalisme dans le football.
Dès son arrivée dans un club, un code disciplinaire était mis en place : pas de cigarette ni d'alcool, régime alimentaire pour tous et même langage approprié. Un joueur fut averti pour avoir affirmé à la presse « nous allons jouer à Rome » à la place de « nous allons gagner à Rome ».
Surtout, Herrera est célèbre pour avoir inventé le « ritiro », la « concentración », bref, la mise au vert, qui pouvait être imposée dès le mercredi.
« Celui qui ne donne pas tout, ne donne rien », répétait-il.
...
De quatre, le Franco-Argentin changea la mentalité des tribunes d'un stade de football.
Herrera, c'était des matchs au rythme intense devant des tribunes remplies et bruyantes.
En parlant en premier de « douzième homme » au cours de ses conférences de presse, « Il Mago » fit bien souvent appel à son charisme pour enthousiasmer les foules.
La Curva Nord de l'Inter date de 1969, l'année suivant son départ.
...
De cinq, Herrera révolutionna le jeu.
Le « catenaccio », le « verrou », cette tactique « destructrice », « ultra-défensive ».
On a tous en tête ces images en noir et blanc de l'horrible but de Jaïr en finale de C1 face à Benfica, ou encore de l'Espagnol Peiro venu chiper le ballon dans les mains du gardien de Liverpool en demi-finale retour de l'édition 1965.
Voilà, Herrera est resté dans l'histoire comme une sorte de Dark Vador du football. Un héritage plutôt injuste.
D'une part, le football développé par ses équipes avant l'Inter était d'une liberté jamais vue auparavant. Deux Ligas avec l'Atlético à 2,76 buts/match, puis deux saisons folles avec le Barça de 1958-960, gagnant deux championnats et marquant 182 buts (3,03 par match) pour 76% de victoires.
En comparaison, l'équipe de Guardiola marquait 2,57 buts/match pour 72% de victoires…
...
Puis vint le temps de conquérir l'Italie.
Herrera arrive en Italie et change ses schémas. En clair : oui au jeu vertical hyper-offensif, non au but encaissé.
HH reprend le catenaccio implanté bien plus tôt par la Triestina de Nereo Rocco, et donne naissance à l'Inter aux trois Scudetti, deux C1 et deux Intercontinentales. Surtout, il offre au football deux principes de jeu qui dictent le football actuel : une intensité physique phénoménale et une vitesse de jeu inouïe.
Derrière le schéma défensif, tipiquement italien (5-3-2 ou 5-4-1), l'équipe avait même une allure offensive : Luis Suárez en meneur reculé, Facchetti à gauche, le Brésilien Jaïr en ailier, Mario Corso au dribble, Mazzola à la finition et l'avant-centre Peiro. Et quelle verticalité ! Le troisième but contre Liverpool en 1965, qui offre la qualification aux Nerazzurri, est à montrer dans toutes les écoles.
Plutôt fort, pour un type qui ne voyait rien depuis son banc de touche…
Sandro Mazzola retient : « On peut dire énormément de choses sur Herrera, mais personne ne peut nier qu'il avait trente années d'avance sur le football de son temps. Sans exagérer ».


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MessagePosté le: Dim 28 Juil - 17:17:10 (2013)    Sujet du message: Le Top 100 des entraîneurs Répondre en citant

8. Pep Guardiola


Masia, Cruyff, héritage, numéro 4. Toque, positionnement, gammes gammes gammes. Zlatan, Eto'o et Deco d'un côté, Xavi, Iniesta, Messi et Cesc de l'autre. Voyage initiatique, Bielsa, Menotti et Lillo, Mexique et Argentine. Italie, Roberto Baggio. Real Madrid, José Mourinho. Et au milieu de tout ça, au milieu du tumulte cool, Pep Guardiola.
Viva la Vida.

Après quelques mois de vie commune, à peine, c'est le divorce : Guardiola demande à 
de quitter le navire barcelonais. Frustré de voir l'entraîneur catalan mettre de côté sa poule aux œufs d'or, Mino Raiola, l'agent du joueur, vidange sa colère dans la presse : « Le philosophe est fou, il lui faut un hôpital psychiatrique !» Malgré sa tentative de déstabilisation, Raiola a tapé dans le mille. Le philosophe est fou, c'est vrai, et avant tout parce qu'il a une conception quasi aristocratique, voire unique, du football.

Avant de prendre en main l'équipe B du Barça pour sa première expérience d'entraîneur, Guardiola réalise un voyage initiatique au Mexique et en Argentine pour parler football avec ceux qui savent vraiment.

Menotti, Cruyff et Lillo, son grand pote, il passe des journées à parler du bout de cuir.
À leur contact, Guardiola apprend. S'interroge. Doute. Et s'illumine lorsqu'il rencontre Marcelo « El Loco » Bielsa.
L'actuel entraîneur de Bilbao et le futur entraîneur du Bayern débattront pendant 11 heures d'affilée du métier de coach. Du rapport avec les joueurs. De Tactique. Et de gestion du groupe.
L'Argentin, considéré par Guardiola comme un véritable génie, inocule alors son intransigeance à l'élève catalan. Il lui conseille également d'éviter le contact avec les journalistes en dehors des conférences de presse, chose qu'il fera religieusement.
Sacraliser le football dans tous ses aspects va vite devenir l'obsession du Pep.

En devenant entraîneur, Guardiola se met paradoxalement en danger.
Formé à la Masia, Guardiola a été le cerveau de la Dream Team de Cruyff. L'ancêtre d'une lignée de meneurs de jeu particuliers « made in masia » qui fait encore la fierté de tout un club. Dénué de puissance, de vivacité et incapable de dribbler le moindre adversaire, le Guardiola footballeur semblait à première vue un joueur anachronique dans un sport de plus en plus robotisé.
Le gamin est lent mais réfléchit dix fois plus vite que les autres. Guardiola était en réalité un joueur cérébral avec une clairvoyance hors du commun.
Avant de quitter le club en 2001 pour tenter l'aventure italienne, Pep annonce à Xavi qu'il sera son héritier. L'actuel cerveau du Barça n'est alors qu'un jeune premier plein de promesses.Il lui annonce aussi en voyant un certain Iniesta jouer à la Masia que ce dernier sera leur successeur ultime.
Avant de s'envoler pour le pays du Calcio, il prend également le soin de signer des autographes personnalisés à des jeunes enfants remplis du rêve de footballeur. L'un d'entre eux repart chez lui avec un maillot dédicacé de la main avisé du Pep : « À Cesc, futur n°4 du Barça ».
Visionnaire ?

Lorsqu'il débarque en Italie pour se finir, Guardiola partage le milieu de terrain de Brescia avec un certain Roberto Baggio. Malgré le plaisir qu'il prend avec l'homme à queue de cheval sur le pré, Guardiola n'oublie pas d'écouter attentivement les conseils du coach Mazzone, un vieux de la vieille qui va lui apprendre les rudiments du football italien.
Sans son passage en Italie, Guardiola aurait-il été le même entraîneur ? Pas vraiment.
Si son Barça est peut-être celui qui a le mieux défendu ses cages dans l'histoire du club, ce n'est pas un hasard.
À vrai dire, le hasard a brillé par son absence dans la carrière météorique de Pep. Lorsqu'il est nommé à la tête de l'équipe première, son arrivée fait jaser. Son inexpérience et le fait qu'il souhaite se séparer de Deco et Eto'o donne des sueurs froides aux socios et le sourire à ses adversaires et notamment au grand Real Madrid.
Le Barça de Pep perd ses deux premiers matchs de championnat. Et gagnera tout le reste. Avec un niveau d'excellence jamais atteint jusqu'à ce jour.

En réalité, Guardiola n'a rien inventé. Il s'est juste contenté d'améliorer l'héritage de Cruyff.
Pressing haut, possession de balle outrancière.
Grâce à lui, Piqué est passé de remplaçant à Manchester à Piquénbauer.
Grâce à lui, Valdés a connu la Roja, grâce à lui Pedro et Busquets sont devenus champions du monde.
Grâce à lui, Xavi et Iniesta ont été reconnus à leurs juste valeur.
Grâce à son repositionnement dans l'axe, Messi est devenu le meilleur et le plus décisif joueur du monde.
En mettant au gout du jour la philosophie de Cruyff sans jamais lui tourner le dos, Guardiola a dépassé son maître et remis à la mode la notion la plus importante du Barça et du football : le jeu.
Son œuvre monumentale est aussi et surtout un travail d'exigence acharné.
En quatre ans, Guardiola en a pris dix. Éternel insatisfait, il exige toujours plus de joueurs qui ont déjà tout gagné. Le véritable miracle est là : gagner, jouer et perdurer.
Lors de sa dernière année au club, Pep sait qu'il lui faut un électrochoc pour conserver la fibre compétitrice de son groupe. Il décide alors de tout changer et de mener une expérimentation tactique capable de réactiver l'intérêt de ses joueurs.
En tentant de mettre en place une défense à trois ou de jouer sans attaquants de métier, Guardiola ne lance pas seulement un défi à ses stars. Il se le lance surtout à lui-même.
Comme tous les bons philosophes, Guardiola recherche à douter pour mieux avancer. La saison sera pénible. Peu importe. Sa formule sans attaquants sera reprise quelques années plus tard par Del Bosque.

Au contraire de Mourinho, Guardiola n'est pas du genre à penser que seule la victoire est belle. La manière a souvent compté autant que le résultat et c'est finalement avec cette idée longtemps considérée comme obsolète dans un monde de plus en plus cynique qui fait que la Pep Team a autant marqué son époque.
Guardiola n'est pas seulement un penseur du football. Il est un citoyen inquiet et militant, un amateur de poésie, un lecteur invétéré préférant la compagnie d'écrivains à celle des footballeurs. Un type capable de rendre tendance le combo chemisette/cravate, d'aimer à la fois le Viva la Vida de Coldplay et Otis Redding mais aussi de remplacer des longs discours par des montages vidéo avec la bande-son de Gladiator pour motiver ses joueurs avant une finale de Champions League contre Manchester United.
Pep est celui qu'il est, car à la différence de beaucoup d'autres, il a conscience qu'il y a une vie au-delà du football.

Maintenant, il est parti au pays teuton, chez les buveurs de bière au litre. Il arrive dans une maison qui a aussi tout gagné ces dernières années, mais avec un autre style.
Contrairement à son arrivée au Barçà, il arrive avec une réputation et un standing, mais dans une maison qui a aussi une péputation et un standing. Il arrive dans une maison qui a aussi tout gagné ces dernières années, mais dans un autre style.
Il en fera quoi ?
Peut-être qu'il ira de nouveau demander humblement conseil à Cruyff, Lillo et Menotti. 

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MessagePosté le: Dim 28 Juil - 18:05:13 (2013)    Sujet du message: Le Top 100 des entraîneurs Répondre en citant

7. José Mourinho


Deux Ligue des champions, six titres de champion nationaux, des déclarations définitives, des costards sur mesure et une classe absolue : José Mourinho est l'entraîneur le plus titré et médiatique des dix dernières années. Mais qui se cache vraiment derrière la star des bancs de touche ?
Voici le portrait en 23 anecdotes d'un homme dont on ne sait pas grand-chose dans le fond.

1) On sait que le jeune Mourinho a été le traducteur de Bobby Robson au Barça.
On sait moins qu'il vivait à l'époque à l'hôtel. À l'époque vice-président du club catalan, Joan Gaspart avait pris sous son aile le Portugais.
«Le président Nunez ne lui avait accordé que 10.000 pesetas par mois. Mourinho a dit qu'avec ça, il ne pourrait pas vivre et Nunez a finalement été d'accord pour l'augmenter un peu, mais pas beaucoup. Au final, il a vécu ses premiers mois à Barcelone dans la chambre d'un de mes hôtels, sans rien payer parce qu'il n'avait pas assez d'argent pour se payer quoi que ce soit. » Ce qui peut expliquer son port exclusif du jogging.

2) Sa femme et sa fille portent le même nom "Matilde". Comme Mathilde Seigner ou Mathilda May.

3) Mourinho aime beaucoup les animaux, surtout les chiens. Comme José a un peu d'imagination, il ne les appelle pas tous Matilde non plus.
Il ne leur donne que des noms de footballeurs. Le plus célèbre s'appelait Gullit. En espérant que Ruud ne lise pas ce passage. 

4) Mourinho est aussi fan de Star Wars.
Il a donc donné le nom de Leya à une de ses chiennes (oui, José est nul en orthographe). Ce Yorkshire Terrier est célèbre en Angleterre. Il a même été nommé animal le plus connu du Royaume-Uni en 2007 pour avoir fait la une des tabloïds. Il devance ainsi les chiens de Britney Spears et du couple Beckham.
La raison du succès ? Cette année-là, le Special One avait recalé les autorités sanitaires qui avaient imposé à Leya une mise en quarantaine, chose que le Mou a refusée au risque de faire de la taule.

5) S'il refuse de parler politique dans ses interviews, il ne fait de secret pour personne que l'homme penche à droite. Il faut dire que sa famille a entretenu des liens très étroits avec le régime de Salazar. Son grand-oncle a prospéré pendant la dictature à la tête d'une usine de confection de boites de sardines du côté de Sétubal.
La Révolution des Œillets a tout remis en cause pour la famille Mourinho. Sétubal a élu un maire communiste et le grand-oncle a été exproprié de son usine. Pour Mourinho, l'arrivée de la démocratie au Portugal a surtout été synonyme de déclassement. 
Certains diront que c'est tant mieux pour le football.

6) José Mourinho a une aversion totale pour toutes les drogues, même douces. Cette intransigeance découlerait d'un drame familial.
En 1997, il perd sa sœur. Officiellement, elle souffrait de diabète. Selon d'autres sources, elle serait morte des suites de sa consommation de drogue. 

7) S'il n'est pas loin de se considérer pour l'égal de Dieu, Mourinho est un catholique convaincu. Avant chaque match, il embrasse sa croix, qu'il porte en pendentif. Mais il prend toujours soin de le faire quand ses joueurs ont le dos tourné.

8) José Mourinho est né un 26 janvier. Comme Bernard Tapie et Eddy Barclay. Comme quoi, en fait, tout se joue à la naissance.

9) Il n'existe aucune image de José Mourinho joueur. Des comiques portugais se sont amusés à imaginer à quoi cela aurait pu ressembler.

10) C'est un Belge qui lui a donné sa première chance comme entraîneur principal. En 2000, Michel Preud'homme est directeur sportif du Benfica.
L'ancien gardien souffle à son président le nom de Mourinho. «Il m'a traité de dingue», se souvient-il.
L'ancien petit joueur de Sétubal est alors un parfait inconnu dans son pays. Si Mourinho ne tiendra que neuf matchs, Preud'homme estime avoir eu le nez creux. On ne peut pas lui donner tort. 

11) José Mourinho et Alioune Touré ont un point en commun : ils sont passés par l'Uniao Leiria. Une destination qui a été un tremplin pour l'un des deux. Devinez qui. 

12) Special One ou pas, l'entraîneur du Real est aussi le père d'une adolescente.
En novembre 2011, papa José profite de ses relations pour faire rencontrer Justin Bieber – de passage à Madrid – à sa fille. Une belle intention de père. Sauf qu'à la sortie de l'hôtel, Mourinho doit subir l'attaque en règle d'une armée de pucelles qui avaient pris sa voiture pour celle du chanteur.

13) L'amitié entre Bobby Robson et José Mourinho allait au-delà du terrain. À tel point que le traducteur-assistant était vu comme le protégé de l'Anglais.
Un soir, lors d'un déplacement à Belgrade, un journaliste lui avoue que selon la ,il serait «le petit copain de Robson». Mourinho lui répond : «Tu m'amènes ta sœur et on va voir si c'est vrai».
Classe.

14) Gardien de but de très bon niveau, son père Félix a même connu une courte carrière en équipe du Portugal. Très courte même. En 1972, il connaît sa seule sélection lors d'un match amical contre l'Irlande. Felix Mourinho entre dans les arrêts de jeu pour suppléer le titulaire blessé. Franck Jurietti n'a plus qu'à pousser son fils à embrasser la carrière d'entraîneur.

15) Tout juste séparé de Chelsea en septembre 2008, le Portugais rentre au pays se ressourcer. Son arrivée à l'aéroport de Lisbonne est suivie en direct par toutes les télévisions.
Sic Noticias n'hésite pas à interrompre une interview de Pedro Santana Lopes. L'homme est quand même l'ancien Premier ministre du pays et a été président… du Sporting. Vexé de s'être fait couper la chique, il donne la leçon à la malheureuse présentatrice. «Je sais que José Mourinho est plus important que nous tous, mais je crois que ce pays est devenu fou», balance-t-il avant de quitter le studio.

16) À 23 ans, sa mère s'inquiète de voir son fils un jour percer dans le football. Sans le consulter, elle l'inscrit donc dans une école de commerce.
Il y restera une journée. Le lendemain, il débute sa formation de professeur à l'institut supérieur d'éducation physique avec une idée en tête : devenir entraîneur comme son père.

17) Très jeune, le petit José a compris qu'entraîneur pouvait être un métier ingrat. « J'avais 9 ou 10 ans quand mon père a été viré le jour de Noël. Il était entraîneur et les résultats n'étaient pas très bons. Il a perdu un match le 22 ou le 23 décembre. Le jour de Noël, le téléphone a sonné et il s'est fait renvoyer au milieu du déjeuner. J'ai appris ce jour-là que le football pouvait tous nous réserver des surprises parfois déplaisantes. »
Tu reprendras de la bûche papa ?

18) En 2003, alors qu'il venait de remporter la Coupe de l'UEFA, José Mourinho était sur le point de partir du FC Porto. Mais Pinto da Costa l'a mis au défi. « Tu ne te sens pas capable de faire le doublé C3-C1, c'est ça ? »
Le légendaire Président Des dragons touche dans le mille. D'autant qu'il lui promet de ne pas vendre Deco, et de choisir un joueur à vendre et un autre à acheter. « Je choisi de me séparer d'Hélder Postiga et je veux Benny McCarthy ».
On connaît la suite de l'histoire.

19) Mourinho n'est pas allé à Leiria par hasard. Un jour, il s'est présenté dans le bureau du président du club, Bartolomeu, pour descendre en flammes le travail de l'entraîneur de l'époque, Manuel José, et le convaincre que la solution Mourinho était la meilleure. Une fois viré de Leiria, Manuel José n'a pas hésité à racler violemment Mourinho. « C'est un apprenti entraîneur. Il a manqué de respect à la profession. J'en ai marre des tarzans comme lui qui débarquent du jour au lendemain. »

20) En 2004, Mourinho n'a pas célébré la victoire de Porto en C1. C'est pour ça qu'il n'apparaît sur presque aucune photo au moment de la remise du trophée à son équipe.
Le futur Special One était en fuite : il aurait vécu alors une aventure avec la femme d'un supporter des Super Dragões, l'un des virages les plus chauds du Portugal. Le cocu aurait donc pu casser la gueule. Y compris ce jour-là.

21) Lors des retrouvailles entre Porto et Mourinho en Ligue des champions l'année d'après, le supporter serait arrivé à ses fins en réussissant à cracher sur Mourinho à Stamford Bridge.

22) José Mourinho a déclaré un jour dans une interview qu'il laissait la télécommande de la télévision aux femmes de la maison.
Justification : « Mon métier, c'est de commander. Et quand je suis chez moi, je ne travaille plus ».

23) Le Real de José vient d'éliminer le Galatasaray de Didier Drogba. Cela tombe bien. Quand José bat Didier, il gagne toujours la Ligue des champions au bout. Porto VS Marseille en 2003/2004, Inter vs Chelsea en 2009/2010.
Jamais deux sans trois ?… Et non !!



 
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MessagePosté le: Dim 4 Aoû - 20:41:47 (2013)    Sujet du message: Le Top 100 des entraîneurs Répondre en citant

6. Johan Cruyff


Johan Cruyff est un homme de révolution. Attaquant génial et total, il est devenu un entraîneur génial, intransigeant et total.
Le Néerlandais a posé le Barça sur le toit de l'Europe et ouvert le chemin à son fils spirituel : Pep Guardiola.

Johan était déjà entraîneur du temps où il était joueur : à l'Ajax et avec les Pays-Bas, il échangeait énormément avec son mentor Rinus Michels.
Et puis sur le terrain, du geste et de la voix, il dirigeait la manœuvre selon une vision tactique déjà bien affirmée.
En tant que coachs, Michels et Cruyff ont un point commun crucial : joueurs, ils étaient tous les deux des attaquants. Et ça comptera évidemment dans leur philosophie offensive jamais démentie…
C'est en 1985 que Cruyff entrera officiellement dans la carrière en drivant le club de sa vie, l'Ajax Amsterdam. Cruyff installe son labo, tente et expérimente. Il fait monter en grade une jeune génération qu'il couve de toutes les attentions (Van Basten, Rijkaard, Blind, Bergkamp) et qui remportera la C2 1987 contre le Lokomotiv Leipzig (1-0, but de Van Basten).

En 1988, son autre club de cœur, un Barça en plein marasme, l'appelle à l'aide. La révolution commence !
Il bâtit l'équipe légendaire qu'on appellera bientôt la Dream Team.
Il vire d'abord des stars comme Lineker, qu'il apprécie, mais qui ne rentrent pas dans son système. Il fait surtout appel en 1989-1990 à trois joueurs clefs : Ronald Koeman, Mickael Laudrup et Hristo Stoichkov, soit un crack par ligne.
Cruyff abandonne le 4-4-2 qui prévalait avant lui et installe un 4-3-3 audacieux qui exacerbe les critiques du foot espagnol…
Le vrai coup de génie du maître hollandais, c'est un jeune joueur de 19 ans qu'il place dès 1990 devant sa défense : un certain Pep Guardiola…
Avec Laudrup, Pep est l'autre clef de voûte du système : avec sa vista, sa relance laser et sa lecture hors pair du jeu, Pep est le deuxième organisateur du jeu partant des lignes arrières quand Laudrup est le leader d'attaque. Meneur reculé, Pep est face au jeu, il a l'espace devant lui.
Ceux qui douteraient de l'influence tactique énorme de Cruyff sur le futur coach de la Dream Team II apprendront que le Maître ordonnera à Koeman d'être le tuteur et compagnon de chambre du jeune Guardiola pour qu'il lui enseigne, tel un prof, tous les rudiments du « style hollandais » : jeu offensif, transmission-circulation, vitesse-mouvement, occupation de l'espace, utilisation de la largeur et profondeur !
Pep était un élève très assidu, jamais à cours de questions…
C'est l'autre côté admirable de la pédagogie de Cruyff : le sens de la transmission propre à générer des futurs grands coachs (Guardiola, Rijkaard, Van Basten ou Laudrup actuellement).

La révolution en marche triomphe : le Barça remporte quatre fois d'affilée la Liga (1991, 1992, 1993, 1994 : un premier record pour le club), la C2 en 1989, la Coupe du Roi en 1990 et trois Supercoupes d'Espagne !
Surtout, les Baugranas décrochent enfin leur Graal : une première victoire en Ligue des champions le 20 mai 1992 à Wembley, contre la Sampdoria (1-0 a.p), sur un coup franc atomique de Koeman devenu légendaire. Ce soir-là, le Barça jouait en orange flashy, à la fois par superstition et par rapport à la culture catalane du club.
Une inspiration géniale de Cruyff, là-aussi : « Quand je suis arrivé en 1988, la mentalité catalane était encore très marquée par les années de franquisme. Il fallait être discret et travailleur, ne pas se démarquer. (…) Il faut comprendre que la couleur à la mode, à cette période, était le bleu marine. Une couleur pour qu'on ne vous distingue pas des autres, pour surtout ne pas être vu. Moi, j'ai voulu faire exactement l'inverse : un deuxième maillot orange ou jaune fluo. On va sortir de l'obscurité se distinguer et assumer ! Nous avons changé les mentalités. Et pas seulement celle du Barça, mais celle de toute la Catalogne. » L'attachement à l'identité régionale du club, c'est aussi la Masia inaugurée en 1979, mais qu'il réactive à son arrivée au Barça.
C'est aussi le même style de jeu et le même système ajacide en 4-3-3 qu'il fait pratiquer, des équipes de jeunes à l'équipe A : football total et projet global…

Tactiquement, les préceptes de Cruyff commencent à imprégner le foot espagnol. Des trucs simples.
Règle n°1 : « Le principe du football est de marquer au moins un but de plus que l'adversaire, peu importe le nombre de buts encaissés.
Règle n°2 : « Le ballon doit courir le plus possible, pas les joueurs. » Pour une circulation plus rapide du ballon à une touche de balle (qui repose sur une technique individuelle élevée), Cruyff fait toujours arroser la pelouse du Nou Camp avant chaque match des Blaugrana…
En Espagne, plus personne ne rigole quand Cruyff déclare : « Je fais l'équipe pour qu'elle gagne 3-0. La perfection n'existe pas. Mais mon boulot consiste à m'en rapprocher le plus possible. »
Cruyff adoptera un plus novateur en initiant un 3-4-3 quasi inédit qui s'articule sur un axe à quatre (Koeman, Guardiola, Bakero, Laudrup). Ronald Koeman résumera parfaitement cette philosophie tactique avec acuité :
« La façon dont nous jouions sous Johan Cruyff état révolutionnaire. À mes yeux, ce style de jeu était parfois un peu trop offensif, un peu trop tourné vers l'attaque. Mais c'était tout Cruyff ! Notre jeu était plein de risques. Moi-même, je n'étais même pas un vrai défenseur, puisque je devais avancer au milieu avec le ballon toutes les fois que je le pouvais… Ça donnait des matchs fantastiques à regarder, mais on se faisait punir, parfois : il faut dire qu'on laissait des grands espaces derrière en défense… Mais Cruyff disait toujours qu'on gagnerait quand même la majorité de nos matchs. Et il avait raison ! »
Pour illustrer le génie et les limites de cette philosophie, beaucoup de spécialistes citeront le fameux match de premier tour retour de C1, Barça – Dynamo Kiev (4-1 en septembre 1993, après un 1-3 à l'aller).
Un match fabuleux, incroyable de fluidité, de combinaisons démentielles, de remontées de balle en trois passes, de dribbles ensorceleurs et surtout de densité catalane inouïe dans les 20 derniers mètres du Dynamo (jusqu'à huit joueurs !).
Seul bémol typique des prises de risques insensées : le but de Rebrov, lancé sur un de ces contres assassins habituels que subissait le Barça. Koeman, en retard, s'était fait prendre dans le dos par l'attaquant ukrainien. Le score de 2-1 éliminait le Barça… Mais deux autres buts magnifiques sauveront les Blaugrana.

Symboliquement, la Dream Team de Cruyff prendra fin en mai 1994, en finale de C1 contre le Milan AC de Capello : un 0-4 bien carabiné resté dans les mémoires.
Outre la grande qualité de ce Milan déjà champion d'Italie et que Cruyff avait sous-estimé en le chambrant un peu (erreur fatale qui mobilisera à fond les Rossoneri), le Barça a surtout payé une fin de cycle, malgré la venue de Romario en 1993.
Bakero avouera sans honte que ce Barça rassasié n'avait plus de gaz, après 5 saisons fabuleuses à tout gagner ou presque. Le titre de champion d'Espagne décroché trois soirs plus tôt, avant cette finale de C1, fut aussi fêté « jusqu'à plus soif »...
Enfin, soumis au casse-tête d'aligner trois joueurs étrangers maximum, Cruyff a sans doute commis l'erreur de choisir Koeman, Stoichkov et Romario, alors que de l'avis de beaucoup, c'était plutôt Laudrup, technicien hors pair sachant mettre le pied sur le ballon face à la machine milanaise, qu'il aurait fallu aligner…
Au printemps 1994, Cruyff sera pressenti pour coacher les Oranje au Mondial US : le rêve de toute une nation enfin exaucé ! Mais la fédé hollandaise, effrayée par le charisme intransigeant de Johan 1er, lui préfèrera le banal Dick Advocaat…
Avec Franz Beckenbauer (champion du monde 1990), Johan Cruyff est à ce jour le seul des plus grands joueurs de l'histoire du foot à avoir réussi une carrière de grand entraîneur doublé d'une aura de grand scientifique du jeu.
Une dernière image : Johan Cruyff est assis en haut de la tribune VIP de Wembley où le Barça vient d'étriller MU en finale de C1 2011 (3-1).
Satisfait, il contemple de haut, tel le Divin, le triomphe de son fils spirituel, Pep Guardiola…

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Ignacio
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MessagePosté le: Dim 4 Aoû - 21:33:35 (2013)    Sujet du message: Le Top 100 des entraîneurs Répondre en citant

Bien qu'a l'époque, il y avait beaucoup moins de matchs que maintenant à la TV, j'ai eu le bonheur de le voir jouer.

Il donne pas des cours ?  Je connais qq entraineurs de L1(Casanova, J.Fernandez...) qui feraient bien d'aller faire un stage avec lui, on aurait des matchs plus intéressants. Il faut aussi les joueurs pour appliquer ses consignes. 
_________________
C'est parce que la vitesse de la lumière est supérieure à celle du son, que certains ont l'air brillants avant d'avoir l'air cons.

À notre époque, sembler con est la meilleure façon de passer inaperçu.
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MessagePosté le: Lun 19 Aoû - 10:05:56 (2013)    Sujet du message: Le Top 100 des entraîneurs Répondre en citant

 5Valeri Vassilevitch Lobanovski
en russe : Валерий Васильевич Лобановский
en ukrainien : Валерій Васильович Лобановський


Vendredi 2 mai 1986, Lyon. Une tornade blanche irradie littéralement le stade Gerland.
Le Dynamo Kiev atomise l'Atlético Madrid 3-0 en finale de la Coupe des vainqueurs de coupes. Une démonstration hallucinante....
Aux manettes : Valeri Lobanovski.

Vu du ciel, le schéma tactique n'a rien d'extra. Un simple 4-4-2 avec milieu en losange : Yakovenko devant la défense, Yaremchouk à droite, Vasili Rats à gauche et Zavarov derrière Belanov et Blokhine...
Luis Aragones, alors entraîneur de l'Atlético, se souvient d'ailleurs qu'il les avait « à peine supervisés, ils ne nous impressionnaient pas ».

Sauf que le Dynamo est animé du mouvement perpétuel qui dépasse les lois de la physique. Un typhon centrifugeur qui passe l'adversaire à la moulinette.
La « dynamique » s'enclenche surtout côté gauche avec les montées de la flèche Demyanenko, défenseur latéral qui pistonne attaque/défense avec Vasili super-Rats.
Devant, Belanov et Blokhine prennent la profondeur en permutant comme Castor et Pollux.
Le reste est de la même tuerie : les voltigeurs Baltacha et Yakovenko peuvent monter, créer le surnombre.
En Guardiola avant l'heure, Yakovenko, détonateur de la dynamo, varie le jeu court ou long vers les fusées Rats, Belanov, Blokhine.
En n°10, le surdoué Zavarov tisse les connections à sa fantaisie.
Côté droit, Yaremchouk reste plus en soutien défensif avec, derrière, le latéral Bessonov et le stoppeur Kuznetsov.

"Stoppeur"... il y a longtemps que je n'ai plus entendu se terme dans les discours du foot actuel.

Les bécanes tournent à cent à l'heure ! La preuve : le deuxième but d'anthologie marqué à la 85e à la suite d'un des plus beaux mouvements collectifs depuis Alexandre le Grand.
Un chef-d'œuvre venu du côté gauche (comme pour le premier but à la suite d'un raid létal de Demyanenko). Rats enrhume deux Matelassiers sur 40 mètres le long de la touche.
À 30 mètres des buts de Fillol, inspiration vers l'infini : il décale à droite pour Belanov, qui passe le relais dans l'axe pour Evtouchenko, qui transmet pour Blokhine, ailier droit en bout d'action qui lobe Fillol sorti aux 16 mètres…
Accélération de particules, réaction en chaîne et explosion finale !
Gerland encore médusé zappe le 3-0 d'Evtouchenko à la 88e : trois buts (et dix occases !), c'est en moyenne le tarif infligé à chaque match de C2 cette saison par les « turbo dynamiques ».

Ancien attaquant du Dynamo lui-même puis son coach depuis 1973, Lobanovski est l'âme du club.
Il y restera 15 ans, à régner en maître sur la façon de faire.
Il s'est d'abord fait connaître en 1969 comme entraîneur du Dniepr Dniepropetrovsk. Un club de division inférieure mais déjà sponsorisé par un milliardaire russe. En 3 saison, il fait passer le club des fonds de la steppe à la 6ème place de la 1ère division.

Un génie et un chieur. Éternel dissident du système soviétique, entraîneur sans aucun diplôme sportif, mais ingénieur en thermotechnique.
Rejoint sur le banc par son ancien coéquipier Oleh Bazylevych, Lobanovski met en place une équipe redoutable : elle remporte dès sa première saison complète le doublé coupe-championnat..

Sélectionneur de l'URSS en 1976, il n'est que médaille de bronze aux JO de Montréal. Un affront pour le PC russe qui le limoge illico avec interdiction à vie de coacher des sélections nationales...
Finalement rappelé par la fédé en 1982 pour driver la sélection, le PC lui interdit encore en 1983 d'exercer les fonctions de sélectionneur, suite à l'élimination de l'Euro 84.
Pas grave, il le sera à nouveau en 1986-90, en plus d'être coach du Dynamo !
Citant parfois Marx et Lénine comme sources d'inspiration de son organisation tactique, « Loba » n'en reste pas moins un pragmatique : « Il n'existe pas de conception socialiste pour marquer des buts. »
Loba préférera plutôt développer une approche scientifique du football, avec des méthodes révolutionnaires. Dingue d'informatique, il commande un ordinateur dès les années 70.
Dans l'URSS parano de la guerre froide, pareille initiative alerte aussitôt le KGB, mais grâce à ses potes de l'armée (Lobanovski a le grade de colonel), il obtiendra quand même la machine, très rudimentaire.
Il crée alors ses programmes et suit par courbes graphiques l'évolution de ses joueurs, en plus des tests physiologiques et psychologiques destinés à maximiser leur potentiel…
Match après match, une équipe de statisticiens collecte méticuleusement les données individuelles de chaque joueur dans les moindres détails : distances parcourues, parties du terrain couvertes, nombre de ballons perdus !
Lobanovski établit ainsi qu'une équipe qui ne commet qu'un ratio de 15 à 18 % d'erreurs ne peut pas perdre…
 
Heureusement, « l'ingénieur » n'est pas qu'un savant fou adepte de football robotique. S'il conçoit des schémas de jeu hyper éprouvants sans cesse répétés à l'entraînement, il exige aussi technique et imagination pour atteindre son idéal : « L'improvisation est le niveau suprême de l'organisation », dit-il.
Car au-delà du système, « c'est aussi l'individualité du joueur qui fait la différence ».
Inspiré lui aussi du football total, Lobanovski prône la polyvalence : « Je ne raisonne pas en termes de postes spécifiques, je n'apprécie pas ce genre de joueurs. Pour moi, il n'existe pas de buteur, de milieu ou de défenseur. Il n'y a que des footballeurs, qui doivent être capables de savoir tout faire sur un terrain. »
À Gerland, la cohésion est télépathique. Les joueurs se trouvent les yeux fermés.
Avant le match, déjà, l'échauffement particulier des Ukrainiens interpelle. Ils récitent l'un des exercices favoris du Maître : un 5 contre 5 sur une moitié de terrain, sans buts. Juste faire tourner la chique sans la perdre, à une touche de balle maxi et en se déplaçant rapidement sur toute la surface impartie, sous les yeux médusés des Madrilènes.
 
Car le vieux renard ukrainien use aussi de sa roublardise légendaire pour bluffer ses adversaires, comme en témoigne Pavel Yakovenko : « Nous étions en stage en Italie et Silvio Berlusconi était venu avec son équipe TV pour filmer notre entraînement. J'étais en convalescence après une blessure et je n'étais donc pas dans le groupe. Mais voilà Loba qui me demande de courir autour de la pelouse, sur une piste, à vitesse maxi. Je fonce comme un fou. Les Italiens filment. Une demi-heure plus tard, Berlusconi pose la question : « Alors, ce mec qui fait des tours à la vitesse d'un missile autour du terrain, c'est quoi ? » Réponse de Loba : « Oh! Ce n'est qu'un blessé » ».
Et Valeri, lui, est mort le 13 mai 2002 des conséquences d'un accident vasculaire cérébral.
 
Mais pour beaucoup, il court encore.
 
Vice-champion d'Europe : 1988 (Union soviétique)
Médaille de bronze aux Football aux jeux Olympiques : 1976 (Union soviétique)
Champion d'URSS : 1974, 1975, 1977, 1980, 1981, 1985, 1990 (Dynamo Kiev)
Champion d'Ukraine : 1996 1997 1998 1999 2000 2001(Dynamo Kiev)
Vainqueur de la Coupe d'URSS : 1974, 1978, 1982, 1985, 1987, 1990 (Dynamo Kiev)
Vainqueur de la Coupe d'Ukraine : 1996 (Dynamo Kiev)
Vainqueur de la Coupe des Coupes : 1975, 1986 (Dynamo Kiev)
Vainqueur de la Supercoupe de l'UEFA : 1975 (Dynamo Kiev)
 
 
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MessagePosté le: Lun 19 Aoû - 10:31:09 (2013)    Sujet du message: Le Top 100 des entraîneurs Répondre en citant

 4. Rinus Michels


Rinus Michels, c'est l'entraîneur du grand Ajax et des himalayesques Pays-Bas de 1974.
Rinus Michels, c'est l'un des rares inventeurs, il y a 50 ans, du football qu'on pratique aujourd'hui, en 2013.
Rinus Michels, c'est la naissance du football moderne.

« Je ressens une satisfaction extrême pour des raisons que je ne veux pas expliquer. »
Rinus Michels a la voix brisée d'émotion : ses Oranje viennent de terrasser 2-1 la RFA au stade de Hambourg en demies de l'Euro allemand 1988.
Rinus Michels est enfant de la guerre et comme tous ses compatriotes, y compris ses jeunes joueurs, il nourrit des sentiments anti-germaniques bien légitimes…
Une fois l'Euro 88 acquis en finale contre l'URSS (2-0) au stade maudit de Munich de 1974, Rinus en remettra une couche :
« Nous avons gagné le tournoi, mais nous savons tous que la demi-finale était la vraie finale. »
Il est question de la guerre, encore, mais aussi de la revanche symbolique sur cette Allemagne qui avait brisé une deuxième fois le cœur de tout un pays en 1974, avec la défaite finale contre la Mannschaft de Beckenbauer (1-2)...
À l'Euro 88 figure dans l'effectif de Michels un joueur emblématique, Arnold Mürhen (37 ans) : c'est le dernier rescapé du grand Ajax des années 70, l'Ajax du football total !
Car c'est Rinus Michels qui fut l'artisan technique et tactique de la révolution du jeu insufflé à Amsterdam à la fin des années 60.

Un détail crucial, d'abord : Rinus a été un grand attaquant ajacide entre 1946 et 1958. Buteur prolixe, il s'était fait une petite réputation au pays avec un quintuplé inscrit contre l'ADO avec Ajax (8-3)…

Rinus a toujours pensé « offensif », « attaque », « buts » ! Le football total, donc…
Déjà, il est normal que ce soit en Hollande, où on est au four et au moulin, que ce concept ait vu le jour.
Avant d'en arriver vers 1971 au fameux système-étalon reposant sur un 4-3-3, Michels a un peu tâtonné précédemment avec un 4-2-4 audacieux.
La finale de C1 69 perdue 1-4 contre le Milan AC aurait convaincu Michels de densifier un peu plus son milieu de terrain…
Qui sont les joueurs ?
Dans les buts, Stuy, à qui il est demandé de participer au jeu en « gardien volant », entre autres en relançant hors de sa surface et en anticipant en deuxième libero les raids d'un attaquant adverse du fait du positionnement haut du bloc ajacide.
En défense, de droite à gauche : Suurbier, Hulshoff, Blankenburg (un Allemand) et Krol.
Au milieu : G. Mürhen, Nesskens, Haan.
En attaque : Rep, Cruyff et Keizer.
Chacun de ces noms a l'aura d'un chapitre de la Bible. Quel est leur rôle ?
Multiforme, mais en tenant compte d'abord de leurs qualités individuelles propres. Car le football total de Michels est, avant tout, plus une façon de jouer qu'une stratégie rigide. L'apport tactique nouveau, ce sont les défenseurs devenus offensifs, mais à condition que l'attaquant puisse couvrir son partenaire.
Ainsi, Krol peut monter dans le couloir gauche, mais Keizer devra couvrir. Idem à droite avec les montées ravageuses de Suurbier, mais que Rep protège par un repli rapide.
Plus généralement, c'est par un système de coulissage (the position switching) que chacun doit occuper la place d'un partenaire qui se déplace, latéralement ou verticalement : Cruyff peur reculer en milieu axial si Neeskens se projette devant, etc.
L'Ajax est un bloc fluide qui se déploie en attaque et qui se contracte en situation défensive où chacun dans sa zone, attaquants compris, participe au pressing.
Les attaquants défendent et les défenseurs attaquent…
À la récup, on se projette très vite devant pour exploiter le moindre espace : ce sont les fameuses « attaques par vague » caractéristiques de l'Ajax.
Les remontées de balle prennent souvent 3 à 4 passes, pas plus. Une trouvaille tactique révolutionnaire permet à l'Ajax de jouer avec un bloc placé haut : le piège du hors-jeu (off-side trap) actionné autrefois par Vasović, puis par Blankenburg.
À son signal, la ligne défensive remonte précipitamment pour piéger l'attaquant adverse.
Inutile de rappeler que chaque joueur doit posséder un bagage technique très élevé et savoir faire la passe juste.
Petit détail : les observateurs seront fascinés par les fameuses transversales ultra précises pour changer le jeu. Des transversales souvent suivies de contrôles aériens (et orientés vers l'avant), la jambe levée très haut. Un truc maîtrisé y compris par les défenseurs…

Mais le football du grand Ajax seventies repose sur l'inspiration géniale de Johan Cruyff.
Comme on le disait à l'époque : à l'Ajax il y a deux entraîneurs, Michels sur la touche et Cruyff sur le terrain…
D'abord, Cruyff échappe au positionnement fixe et peut se balader sur tout le front de l'attaque, se placer au milieu ou relancer la mécanique des lignes arrières. C'est lui aussi qui replace ses partenaires selon sa vision de l'espace et son appréciation de la vitesse de circulation du ballon : la balle doit arriver à tel endroit, à tel joueur, selon tel tempo !
Un truc de fou qui maintient l'équipe concentrée à 200 %, attentive aux gestes et aux ordres du n° 14.
Et là, il n'y aucune analyse tactique à faire : c'est Cruyff et sa science mystérieuse qui décident et c'est aux autres de comprendre vite. Car les inspirations de Cruyff sont fulgurantes…
Autre invention géniale du foot total : la polyvalence ! Chaque joueur connaît les caractéristiques de tous les postes et doit savoir s'y installer selon les circonstances. Ruud Krol, latéral gauche, est aussi capable de jouer libéro. Neeskens, milieu défensif axial est capable de jouer défenseur latéral droit ou se projeter devant comme un pur attaquant (meilleur buteur Oranje au Mondial 74, 5 buts !).
Le milieu Arie Haan jouera défenseur axial avec les Oranje en 74, etc.
La cohésion quasi télépathique qui subjugue le monde du foot tient aussi au fait que les joueurs ont grandi ensemble dans les équipes de jeunes avec les mêmes préceptes de jeu.
Swaart, ailier droit d'avant Johnny Rep : « Quand je voyais Suurbier monter devant, je savais que je devais reculer : personne n'avait à me le dire. Au bout de deux ans, chacun savait ce qu'il avait à faire, et comment et où se positionner en fonction des autres. »

Dernière caractéristique, entre autres, du football total : une condition physique hors norme que Rinus Michels développera par un entraînement physique harassant.

Car il faut être sans cesse concentré et en mouvement : outre les dribbles mortels de Cruyff, c'est aussi par la vitesse des déplacements et des transmissions que l'Ajax se crée des espaces devant.
Se trouver des espaces ! Le foot total de l'Ajax consiste à étirer l'adversaire (avec deux ailiers), faire sortir les axiaux défensifs de leur base (on joue encore l'individuelle stricte à l'époque), déséquilibrer par le dribble, faire exploser le bloc adverse par des accélérations soudaines individuelles ou collectives…
Même le jeu aérien est pris en compte : sur les 5 buts marqués lors des trois finales victorieuses de C1 (1971, 72, 73), trois buts furent marqués de la tête !
Tout était mis en œuvre pour faire plier des adversaires regroupés en défense. Car l'époque est au foot bunkérisé : les victoires des C1 1972 et 1973 (avec Stefan Kovačs ayant remplacé Michels, mais avec le même jeu) contre l'Inter, puis contre la Juve
seront autant de défaites du jeu défensif destructeur des clubs italiens trop cyniques…
Détail important : Rinus Michels exige de ses joueurs qu'ils se fassent respecter ! Le jeu dur fait aussi partie du foot pratiqué par l'Ajax et la Hollande 74 que Michels drivera.
C'est un aspect méconnu du foot hollandais que l'on qualifie abusivement de « romantique ». Dans les années 60, il fallait en passer par là pour affronter en coupes d'Europe les cadors physiques anglais, italiens et allemands ou des pays de l'Est. Une question de vie ou de mort pour le petit football néerlandais…
Dans les années 60, Michels virera de l'Ajax tous les défenseurs manquant de « caractère » !

Rinus Michels appliquera les mêmes préceptes du foot total de l'Ajax avec les Pays-Bas en 1974, avec pas mal de joueurs ajacides dans le 11 de départ.
Un match anthologique ? Hollande-Brésil (2-0), bien sûr ! En demies (deuxième phase de poules en fait).
Du foot total illustré. Premier but de Nesskens, milieu défensif axial qui se mue en pur n°9 sur un service de Cruyff, attaquant axial mais ici décalé en ailier droit.
Deuxième but de Cruyff en pur n°9, sur centre de l'arrière gauche Krol transformé en ailier gauche et lancé par Rensenbrick (ailier gauche, reculé ici en milieu) : imparable !
Les Brésiliens sont à la rue, dépassés par la vitesse de cette équipe protéiforme.
En Amérique du Sud (surtout au Brésil et en Argentine), Rinus Michels est considéré comme le maître tacticien absolu : le plus bel hommage de deux grands pays de foot…
La féerie légendaire et inoubliable des Oranje 74 finira tristement avec une défaite en finale contre la RFA (1-2).
La vérité, c'est que la Mannschaft pratiquait aussi une autre forme de football total. Mais ça c'est une autre histoire…
Rinus Michels coachera notablement le Barça (champion d'Espagne 1974 avec Johan 1er) et mettra en place la fameuse Dutch Connection qui révolutionnera avec lui, puis avec Cruyff, Van Gaal et Rijkaard le FC Barça.
Michels coachera donc aussi les Oranje 88, champions d'Europe. Une autre merveille de jeu illustré par le but du siècle, la volée de Van Basten contre l'URSS en finale (2-0) sous les yeux incrédules du vieux Rinus qui se prend la tête dans les mains, sidéré.
Van Basten a planté sur un centre du bon vieux Arnold Muhren. Michels, Van Basten, Murhen : trois générations ajacides au service éternel du beau jeu. Belle symbolique…
Détail important : lors de cet Euro, Rinus Michels a troqué son traditionnel 4-3-3 (qui n'a pas fonctionné contre l'URSS au premier tour, 0-1) pour un 4-4-2 plus réaliste, avec devant sa paire milanaise Van Basten-Gullit.
Preuve une fois de plus, que le football total de Michels appliqué en 1971 ou en 1988 est avant tout plus une façon de jouer qu'une stratégie rigide.
Autre signe d'intelligence : l'Ajacide Michels a bâti son équipe sur le PSV Eindhoven très « germanique » vainqueur de la C1 88 avec Guus Hiddink.
Enfin, en 88, les Oranje découvrent un autre Rinus, plus cool, et pas « le Général ». Ce surnom vient de sa discipline de fer exigée de tout temps et de son ton volontiers cassant, comme son humour aux vannes très sèches (Michels était aussi un géant d'un mètre 85 qui en imposait).
Il s'en expliquera à Ruud Gullit : « Quand j'étais à l'Ajax, le foot n'était pas pro comme maintenant. Ta génération et toi avez appris à l'être. Vous connaissez tout de vos obligations. Je n'ai donc plus à être dur avec vous. »
Pour la petite histoire, les Oranje iront voir un concert de Whitney Houston la veille de la finale contre l'URSS…
Le vieux Rinus avait aussi beaucoup appris sur l'approche psychologique de gestion de groupe. Michels drivera une dernière fois les Pays-Bas à l'Euro 88, une équipe fantastique, mais qui se fera piéger par l'improbable Danemark repêché in extremis et mené par un Brian Laudrup on fire
Rinus Michels a été consacré meilleur entraîneur du XXe siècle par la Fifa. ... Une évidence.




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Ignacio
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MessagePosté le: Lun 19 Aoû - 21:57:46 (2013)    Sujet du message: Le Top 100 des entraîneurs Répondre en citant

La suite, la suite ... Bave Bave
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C'est parce que la vitesse de la lumière est supérieure à celle du son, que certains ont l'air brillants avant d'avoir l'air cons.

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chtiga42
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MessagePosté le: Ven 30 Aoû - 20:11:48 (2013)    Sujet du message: Le Top 100 des entraîneurs Répondre en citant

3. Télé Santana Da Silva


Télé Santana, c'est avant tout une vision du football. Le jeu d'abord, le résultat ensuite, quitte à souvent perdre de la plus belle des façons. Mais à occuper les cœurs pour toujours. 

On peut estimer que Télé Santana est un loser. Et que vient faire un loser ici ?
Il n'a rien gagné à la tête de la sélection brésilienne à cause, ou malgré le plus beau milieu de terrain que Dieu puisse offrir à une entraîneur.
Zico, à la manœuvre, Sócrates, à la manœuvre, Falcao, à la manœuvre, Toninho Cerezo, à la manœuvre.
C'était en 1982, à la Coupe du monde en Espagne. Ce tournoi est son chef-d'œuvre, inachevé et en même temps l'aboutissement précoce de sa philosophie suicidaire.
Au bout de la logique d'un jeu d'adresse avec les pieds et deux de ses fondamentaux : la passe et le contrôle. Le Brésil de 1982 était la passe et le contrôle. Et cela n'a pas suffi. Pour gagner une Coupe du monde, il faut de la chance et quelqu'un pour la mettre au fond.

Son Brésil a été éliminé par l'Italie de Paolo Rossi, en pleine rédemption, de retour en sélection après le scandale du Totonero, une des mutiples sombre histoire de matchs truqués à travers les temps en Italie. Celle-ci s'était déroulée pendant la saison 79-80 de la Serie A pour laquelle l'attaquant de Pérouse avait été suspendu deux saisons. 
Une Italie qui, dans la distribution des rôles et jusqu'à cette brûlante journée de juin au stade de Sarria de Barcelone, avance tel un vengeur masqué.
L'Italie de Bearzot est tout ce que le Brésil de Santana n'est pas. Peut-être parce que le Brésil a traversé le tournoi sans avant-centre !!
Il y a bien Serginho, mais à côté des hommes du milieu, il est presque gênant à regarder.
Télé Santana le sait mieux que quiconque, qu'il n'a pas d'avant-centre. Il n'a pas encore Careca sous la main, appelé en sélection au lendemain de l'élimination de 82. Cela n'empêche pas Santana II de se faire éliminer par la France en 1986.
Pour ces deux coupes du monde, Santana n'a pas non plus vraiment de gardien de but. À croire qu'il se fout des extrémités, cantonnées à trop peu d'espace. La surface de réparation pour le goal, et 30 mètres pour les avants-centres qui, à l'époque, ne défendent pas beaucoup.
Avec Santana, tous les autres étaient libres, à commencer par les latéraux, Leandro et Junior qui tirent des bords de 60 mètres. Dix ans avant l'invention du Cafu et du Roberto Carlos. 

Alors, pourquoi c'est beau, Télé Santana ?
Comme toutes les équipes qui marquent l'histoire, c'est beau, parce que c'est simple. Dans ce cas, une question de tempo. À quel moment je fais la passe. Le moment décisif, identique à celui de Henri Cartier-Bresson quand il décide d'appuyer sur son Leica. Pam, maintenant, pas avant, pas après, l'intelligence du footballeur, l'instinct du passeur. Now or never ! Je calcule la vitesse de mon coéquipier, celles des adversaires et celle du ballon. Et pam ! La solution du problème. Trois Écossais dans le vent ! Là ! Pas ailleurs.
Le Brésil ne joue pas « dans les pieds », toujours un mètre devant, dans la course, même s'il peut aussi jouer à une touche de balle. Le contraire du football-torero des années 2000 des Galacticos. Je la reçois dans les pieds, je la garde, je nargue mon adversaire et finalement je la redonne, toujours dans les pieds.

Dans le Brésil de Santana, contrôler la balle est un accompagnement. La balle ne doit pas ralentir, elle doit conserver sa vitesse, son mouvement. Le même qui anime les équipes de son contemporain, Lobanovski (N°5), mais avec la douceur et l'improvisation en plus.
Les Brésiliens courent moins que les Soviétiques, mais courent plus intelligemment, sauf Sócrates qui marche souvent.
Comme ses joueurs qui n'ont pas besoin de courir, le Brésil de Santana n'a pas besoin de gagner des compétitions pour donner du bonheur et rester dans l'Histoire.
Tout est dans les préliminaires : la remontée de balle, la préparation, l'intention sont presque aussi jouissives que le but, même ceux d'Eder, et le score final.
Il a fini par gagner des titres, bien plus tard, entre 1990 et 1995, avec le FC São Paulo de Raï et Leonardo. Comme un entraîneur lambda.   

Mais quand même Santana avait de la suite dans son idée de l'avenir. Entre ses deux participations d'entraineur au Mundial, il n'a prit aucun risque. Surtout ne pas rencontrer de joueurs de classe mondiale, surtout ne cotoyer que des inconnus, surtout aller travailler en Arabie Saoudite.


   
 
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chtiga42
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MessagePosté le: Dim 1 Sep - 19:40:15 (2013)    Sujet du message: Le Top 100 des entraîneurs Répondre en citant

2.  Alex Ferguson

71 ans et le plus beau palmarès du football mondial sur un banc de touche.
L'Écossais à l'accent le plus incompréhensible du monde reste un entraîneur à part. Le plus grand en club, et de loin. Un magicien sur qui le temps n'a aucune incidence, sauf peut-être celle de le rendre encore meilleur.
Entre ailier virevoltant, Ballon d'or et Ligue des champions, l'ADN de Fergie est la chose la plus précieuse d'Angleterre.

Sir Alex Ferguson compte autant de championnats d'Angleterre à son CV que le club d'Arsenal. Treize. Ça vous classe le bonhomme. C'est peut-être un détail pour vous, mais lorsqu'il débarque à Manchester, au cœur de l'hiver 1986, Lionel Messi n'est pas encore de ce monde.
26 ans sur un banc de touche, avec une telle réussite, c'est unique dans l'histoire du football. Pourtant, rien ne prédestinait l'Écossais à faire carrière. Et surtout pas de cette manière.
Fils d'ouvrier à la trogne rougie par les longues soirées au pub, son père était plaqueur dans l'industrie de la construction navale, Alex Ferguson a poussé ses premiers cris dans le quartier déshérité de Govan, au cœur de Glasgow. C'est là qu'il a appris la notion de travail. Hasard ou pas, le parti travailliste anglais a longtemps voulu en faire son candidat à la mairie de Manchester. Parce que Fergie représente Manchester, cette ville qui connaît mieux que personne la sueur du travail.
Avec près de 40 trophées glanés depuis son arrivée à United, l'ancien joueur des Rangers s'est construit tout seul. De toute façon, sa marque de fabrique est toujours la même : il construit. Il est de la race des bâtisseurs.
Le manager procède par petites touches. Comme un puzzle. Il s'appuie systématiquement sur une colonne vertébrale expérimentée et charismatique à laquelle il greffe des jeunes et un crack. Ça a toujours fonctionné ainsi.
Quand il débarque dans le Nord de l'Angleterre, il a déjà mis à mal les deux clubs de Glasgow avec sa petite escouade d'Aberdeen. Au pays, il a braqué le titre national de 1980 tout en s'affirmant sur la scène européenne avec un succès contre le Real Madrid en finale de la Coupe des coupes 1983. Sa réputation est faite.
Il lui faut gravir les échelons et s'installer durablement dans un championnat plus huppé. Fort logiquement, ça sera l'Angleterre.

À Manchester, il va se mettre à tutoyer le Royaume-Uni, mais aussi toute l'Europe, à tel point qu'aujourd'hui, Old Trafford possède une tribune à son nom et une statue à son effigie.
Sa statue, il a été la chercher à coup de trophées : treize championnats, donc. Mais aussi deux Ligues des Champions (1999, 2008), une C2 (1991), cinq FA Cup, quatre Coupes de la Ligue, une Supercoupe d'Europe et deux championnats du monde des clubs, entre autres. Néanmoins, il faut aller voir plus loin que son simple palmarès pour comprendre le miracle permanent.

Parce que Ferguson, c'est avant tout une école, un style de jeu, une manière de gérer ses hommes.
Dans le jeu, sa touche est unique : deux milieux dont un box-to-box, des ailiers et une pointure devant. De Hughes à Van Persie en passant par Cantona, Rooney et Van Nistelrooy, Ferguson a toujours eu dans ses rangs des buteurs racés.
Son schéma basé sur la circulation de balle, l'impact – notamment sur corner – et des latéraux ultra-offensifs n'a pas bougé d'un iota depuis 1986. Les joueurs s'adaptent au système et non l'inverse.
Une fois, il a voulu changer son fusil d'épaule, en articulant son système autour d'un joueur : Juan-Sebastian Veron. Bide total. Depuis, on ne lui refait pas.
Comme dans son management, lui que l'on décrit comme paternaliste et ultra-proche de ses joueurs. Au quotidien, il a commencé par tout contrôler. De la réserve à l'équipe première en passant par les jeunes.
Avec le temps, il a appris à déléguer au point de prendre du recul sur la gestion de son effectif. C'est ainsi qu'il a systématiquement responsabilisé ses adjoints : Brian Kidd, Steve McLaren, Carlos Queiroz ou Mike Phelan aujourd'hui.
D'ailleurs, son amour du banc de touche est communicatif. Paul Ince, Steve Bruce, Gordon Strachan, Mark Hughes, Ole-Gunnar Solskajer, Bryan Robson et Roy Keane ont tous embrassé une carrière sur un banc après leur passage à United. Tout sauf anodin. Ils ont forcément appris des trucs avec l'Écossais. Un Ferguson qui ne s'est jamais caché quant à ses mentors. Notamment le brillant Matt Busby (N°31), le Fergie des années 50/60.
« Le meilleur conseil qu'il m'a donné (Sir Matt Busby), c'est de ne jamais lire la presse. Je ne l'ai jamais lue depuis », a lâché un jour Ferguson. On apprend des anciens. Toujours. Mais voir un homme de son âge toujours au top en 2013 est quand même épatant.

Son règne à United est rectiligne. Ou presque. Il a pu compter sur plusieurs générations exceptionnelles. Robson, Irwin, Bruce et Cantona pour commencer. Giggs, Beckham, Scholes et Nevilles ensuite. Tévez, Ferdinand, Rooney, Vidić et CR7 pour la troisième.
Il y a peu, le vieillard était en train de tranquillement mettre en place une nouvelle génération autour de Jones, Smalling, Cleverley, De Gea et Welbeck. S'appuyer sur des hommes du cru, c'est son truc.
Comme le turnover. Ne jamais aligner deux fois la même équipe. D'ailleurs, entre mai 2008 et mars 2011, il enquille 166 matchs sans aligner les mêmes joueurs au coup d'envoi. Ainsi, il garde tout le monde sous pression. Ce travailleur acharné ne fonctionne qu'à l'affectif.
L'intelligence du mec, c'est de savoir quand est-ce qu'il doit prendre du bon temps, s'amuser, rigoler avec ses joueurs, et quand est-ce qu'il doit prendre du recul pour faire des choix cruciaux. Quitte à faire naître des crispations. Le boss, c'est lui.
L'objectif est simple : gagner. Toujours et encore. Il gère sa carrière comme ça, aux défis. Il ne renouvelle son contrat que pour un an chaque saison, laissant planer le doute sur l'avenir du club et gardant tout le monde focalisé sur l'objectif de l'année. Son surnom ? Le contremaître. D'ailleurs, ses causeries musclées font partie du personnage.
Comme un soir de mai 1999 en finale de Ligue des champions où il déclare à son vestiaire :
« À la fin du match, la Coupe d'Europe sera à deux mètres de vous. Si on perd, vous n'aurez pas le droit d'y toucher et dites-vous bien que vous n'aurez probablement jamais l'occasion de la revoir d'aussi près. Alors vous avez plutôt intérêt à vous défoncer. »
On connaît la suite...
À 71 ans, il a raccroché. Parce qu'il l'a décidé, mais certainement pas parce qu'il n'a plus cette passion de gamin en lui. Cette envie de tout gagner et cette haine de la défaite.
Oui, Ferguson est un mauvais perdant, mais avant tout un perfectionniste. Toujours le premier à l'entraînement. Toujours à protéger ses joueurs, à les flagorner. L'homme marche aux défis. Sans, il s'ennuie. Il tourne en rond.
Alors parfois, les fils se touchent et il pète un câble. Comme ce soir de 2003 où sa colère envoie une godasse en pleine gueule d'un certain David Beckham.
« Si on me demandait de le refaire, je pourrais essayer 100 fois ou un million, peu importe, je n'y arriverais pas », a-t-il simplement dit après le match.
Des excuses ? Jamais. Les punchlines de Ferguson font également partie du personnage.
Gary Neville le sait, lui qui s'est fait mettre en boîte plus d'une fois dans la presse. Extrait : « S'il faisait 2 ou 3 centimètres de plus, il serait le meilleur défenseur central d'Angleterre. Je ne comprends pas. Son père mesure 1m90. Je me demande combien mesurait le laitier. »
Au final, c'est quoi Ferguson ? Un homme fidèle à la même bonne femme depuis son mariage en 1966. Un type qui aime son sport plus que tout. Même plus que le pinard, les chewing-gums Wrigley's et les canassons, ses trois passions.
Au final, on a compris le secret de sa réussite. Ferguson est un môme. Ça colle parfaitement avec la phrase légendaire qu'il balance à ses troupes avant chaque rencontre : « Amusez-vous comme des enfants ! » C'est simple le football, en fait. Et si ça se complique, il reste toujours le " Fergie Time ".





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Thierry Roland
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MessagePosté le: Lun 2 Sep - 05:26:47 (2013)    Sujet du message: Le Top 100 des entraîneurs Répondre en citant

2.  Alex Ferguson      carton rouge
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Ignacio
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MessagePosté le: Lun 2 Sep - 07:32:35 (2013)    Sujet du message: Le Top 100 des entraîneurs Répondre en citant

Çà dépend de qui va être premier. Après c'est un choix, et comme tout choix, c'est subjectif. En tous les cas, une très belle rubrique qui, hélas va se terminer.
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MessagePosté le: Sam 7 Sep - 19:32:06 (2013)    Sujet du message: Le Top 100 des entraîneurs Répondre en citant

>>>>et le n°1 est ..... 
 !!!!!!!!!!


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Thierry Roland
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MessagePosté le: Dim 8 Sep - 11:19:10 (2013)    Sujet du message: Le Top 100 des entraîneurs Répondre en citant

On dirait Réné ! 
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 21:05:06 (2017)    Sujet du message: Le Top 100 des entraîneurs

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