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La politique économique de Lopez pour le Losc est-elle la même que celle de Seydoux époque Puel ?

 
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Dieu Roustan le vrai !!!
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PostPosted: Sun 15 Dec - 12:43:37 (2019)    Post subject: La politique économique de Lopez pour le Losc est-elle la même que celle de Seydoux époque Puel ? Reply with quote

Détection , formation , achat-revente c’est la politique de Lopez pour le Losc mais était-elle si différente à l’époque du président Seydoux avec Puel comme entraîneur ?  


Petite piqûre de rappel : 


http://droguebierecomplotlosc.unblog.fr/2016/05/09/michel-seydoux-quest-ce-…






La DNCG vient de publier les bilans financiers de chaque club français professionnel lors de la saison 2014/2015. En Ligue 1, la perte nette cumulée des 20 clubs représente 56M€, moitié moins que la saison précédente. Si 4 clubs (Bordeaux, Lens, Lyon et Rennes) représentent une grosse partie de cette perte (61M€), 8 font un bénéfice, allant de 28 000 € pour Evian-Thonon-Gaillard à 10M€ pour le PSG. Néanmoins, un bénéfice n’est surtout intéressant que s’il est obtenu avant transferts : l’équilibre est atteint sans être obligé de se séparer d’un ou plusieurs joueurs. Or, seuls 3 clubs sont dans ce cas : Guingamp (qui profite de son excellent parcours en Ligue Europa), Nantes (grâce à sa très faible masse salariale, seul Evian en présente une inférieure) et le PSG (artificiellement soutenu).

Avec 905 000 € de bénéfice, le LOSC semble faire bonne figure en Ligue 1, une saison après avoir enregistré le pire résultat net de son histoire (-16M€). Ce bilan équilibré ne l’est toutefois que grâce à la vente de nombreux joueurs. Hors transferts, la perte se serait en effet élevée à 28M€, tout comme il se serait élevé à 45M€ en 2013/2014. Lille n’est pas une exception en L1 : sans transferts, la perte cumulée des 20 clubs aurait été de 294M€ en 2014/2015 (410M€ en 2013/2014). 
 
Conséquences du doublé Coupe-Championnat en 2011, du nouveau statut du LOSC, d’erreurs de recrutement et du coût indécent du Stade Pierre-Mauroy, ces dérives économiques ont obligé les dirigeants lillois à revoir en profondeur un projet sportif pensé avant l’arrivée des Qataris dans la capitale ou de Dmitri Rybolovlev à l’AS Monaco. 
 
2002-2011 : un modèle économique loué À son arrivée en 2002, Michel Seydoux récupère un club ayant un des plus petits budgets de Ligue 1 (17M€) qui sort de trois saisons extraordinaires (champion de D2 avec le record de points d’avance sur le dauphin en 1999-2000, 3ème en 2000-2001 et 5èmeen 2001-2002 avec une participation à la Ligue des Champions et une élimination en 1/8 en Coupe de l’UEFA) sous la houlette de Vahid Halilhodzic. Déçu du manque d’ambition du club (ou plus probablement, que Luc Dayan se soit barré avec le pognon), le coach bosnien s’en va et est remplacé par Claude Puel. Celui-ci va permettre à Seydoux d’appliquer le projet sportif imaginé : grandir économiquement uniquement grâce aux performances sur le terrain. Seydoux considère en effet qu’un bilan hors mutation (transferts) ne peut être déséquilibré que si le club a un savoir-faire de développement des joueurs. Ceux-là doivent être en mesure de progresser durant leur passage au LOSC afin que le club puisse, à terme, être sain grâce à la vente de joueurs. En six ans, Puel va former et post-former des dizaines de joueurs, permettant au club de tripler son budget (50M€ en 2008-2009 à l’intronisation de Rudi Garcia) tout en construisant un des centres de formation et d’entraînement les plus modernes d’Europe et en dégageant régulièrement des bénéfices par la vente de joueurs ou par des participations à la Ligue des Champions (2005-2006 et 2006-2007). Grâce à cette philosophie, le club maîtrise parfaitement ses comptes : la dette financière est minime (autour de 3M€) et les caisses sont remplies (environ 20M€ de fonds propres).Un autre point important concerne la masse salariale. Idéalement, celle-ci doit représenter entre 45 et 50% du chiffre d’affaires hors transferts. La Ligue 1, très dépendante des droits télé et n’ayant donc pas d’autres sources de revenus majeures, en est loin. Toutefois, Lille se distingue par la maîtrise de celle-ci : durant toutes les années Puel, le ratio est inférieur à celui de la moyenne de Ligue 1. Encore mieux : le ratio est situé dans la norme idéale lors d’une saison, et il est même inférieur à 45% lors des deux saisons suivantes. Ces trois saisons correspondent aux meilleures de Claude Puel : en 2004-2005, le LOSC est vice-champion et s’arrête en 1/8 de finale de la Coupe UEFA. Le LOSC participe à la LDC les deux saisons suivantes, avec notamment un 1/8 de finale contre Manchester United (Giggs enculé).
La Ligue 1 est très dépendante des droits TV, qui représentent ici entre 49 et 56% du chiffre d’affaires moyen1. La part est de 45% en 2014-2015. De manière très idéale, chaque source de recettes devrait représenter 25%, permettant ainsi de faire face à une saturation du marché.L’arrivée de Rudi Garcia à l’été 2008 marque le début d’une nouvelle phase : le LOSC se met en tête de conserver ses meilleurs joueurs et recrute plus cher (et donc a priori, de meilleurs joueurs arrivent). Mavuba est transféré pour un montant record (jusqu’alors détenu par Michel Bastos et Kader Keita). De Melo et Vittek, seront aussi plus coûteux que le Brésilien et l’Ivoirien. Moins tourné vers la formation, Garcia profite de l’excellente situation financière permise par son prédécesseur pour poser les fondations de l’équipe qui deviendra championne trois ans plus tard. Ces investissements plus importants ne signifient toutefois pas que tous les joueurs doivent rester : Bastos part à Lyon à l’été 2009. Il est remplacé par Gervinho, qui bat à son tour le record de transfert entrant. Une partie de la plus-value sert à augmenter et prolonger certains joueurs qui souhaitent partir (Rami, Cabaye, Obraniak).
2009-2010 s’achève à la 4ème place. Meilleure attaque, le LOSC a bêtement perdu sa deuxième place lors de la dernière journée mais est conscient que son effectif n’a pas encore exploité tout son potentiel. À l’été 2010, le club fait alors l’effort de conserver son 11 de base, les actionnaires assumant le résultat net négatif. En contrepartie, les renforts ne doivent pas être coûteux : Moussa Sow arrive de Rennes où il est en fin de contrat, tandis que Rozehnal est prêté une saison. Ces ajustements mènent le club à ses premiers trophées majeurs depuis un demi-siècle. 
 
Pendant neuf saisons, le club a été un modèle de développement économique. La gestion rigoureuse des années Puel a permis au LOSC de prendre plus de risques avec Rudi Garcia. Preuve en est : les trois premières saisons de ce dernier présentent un bilan comptable négatif, alors que 5 des 6 saisons de Puel s’étaient soldées par un bénéfice : 
 
De même, le ratio masse salariale/chiffre d’affaires montrent bien les efforts fait lors de l’arrivée de Rudi (le bandeau vert indique la fourchette idéale, selon les économistes du football) :

Lors de la saison 2004-2005, la masse salariale du LOSC représentait 45,9% de son chiffre d’affaires. La part moyenne en Ligue 1 était de 55,5%.
 « Nous avons peut-être été champions trop tôt »2
Annoncé comme « l’Olympique Lyonnais des années 2010 », le LOSC va pourtant être confronté à ses premiers problèmes majeurs dans les semaines qui suivent le doublé Coupe-Championnat. En effet, si le titre de Ligue 1 permet d’accéder à la Ligue des Champions, il nécessite aussi le versement de primes très importantes aux joueurs et amène précocement le LOSC vers un nouveau statut. Or, dans le plan imaginé par Michel Seydoux, l’arrivée dans le Grand Stade en 2012 devait booster les finances du LOSC et permettre d’être champion une ou deux saisons plus tard. D’ailleurs, loin de nous l’idée d’affirmer qu’on a été champion par défaut, mais 76 points en 38 journées, c’est pas extraordinaire. Seul Lyon en 2002-2003 a fait moins bien (68 points). Cela s’explique par une Ligue 1 très homogène (cette saison-là, Monaco descend en Ligue 2 malgré 44 points, un record pour un relégué) dont ont également bénéficié d’autres clubs (6 champions consécutifs différents entre 2008 et 2013).En avance sur son temps de passage, le LOSC est donc « contraint » d’être la nouvelle « locomotive » sportive du football français. Toutefois, il ne faudra compter que sur la Ligue des Champions pour accroître les recettes : en effet, la nouvelle (et dernière) saison au Stadium Lille Métropole ne permet pas d’augmenter considérablement les recettes de billetterie ou de sponsoring, d’autant plus que la capacité habituelle du stade est réduite lors des matchs européens pour répondre aux critères de l’UEFA.
Lille devient également une locomotive économique : cela signifie que Lille doit être capable d’amener en Ligue 1 des joueurs qui apportent une plus-value au championnat, mais aussi qu’une partie du recrutement doit s’effectuer localement pour permettre à l’économie fragile du football français de tourner. C’est avec cette grille de lecture qu’on peut expliquer rationnellement les nombreux achats de l’Olympique Lyonnais dans l’effectif lillois (Abidal, Bodmer, Keita, Makoun, Bastos). Souvent considérés comme n’étant qu’un marché entre Michel Seydoux et son frère Jérôme (actionnaire de l’OL) pour financer le club nordiste, ils peuvent être expliqués autrement : l’OL pouvait tout à fait considérer qu’un LOSC économiquement sain permettait d’avoir une concurrence nationale indispensable pour bien figurer en Coupe d’Europe, puisque le LOSC avait cette réputation de recruter intelligemment. Les deux clubs étaient ainsi associés-rivaux. C’est ainsi qu’une partie du marché lyonnais se faisait en France (par exemple à Bastia avec Née et Essien, à Rennes avec Réveillère, Källstrom, Mensah et Briand, à Nantes avec Carrière et Toulalan, à Nice avec Lloris et Ederson, ou à Sochaux avec Frau et Monsoreau), tandis que Lyon amenait en Ligue 1 des joueurs talentueux (Sonny Anderson, Cris, Juninho, Tiago, Fred, Nilmar, Carew, Cesar Delgado, Grosso, Lisandro, etc…). C’est ainsi que Lille, qui a perdu plusieurs joueurs majeurs (Rami, Cabaye, Gervinho, Frau en été, Obraniak et Sow en hiver), achète aussi bien en France (Payet, Pedretti, Roux) qu’à l’étranger (Basa, Cole, Enyeama).
Pour permettre ces transferts et être assuré de conserver certains joueurs (dont Hazard, dont le contrat est blindé en contrepartie d’un bon de sortie à l’été 2012), Seydoux fait un emprunt obligataire de 20M€ (5M€ de sa poche, 15M€ auprès d’investisseurs régionaux) rémunérés 8,5% par an sur quatre saisons, destiné à être la passerelle entre le déficit structurel en partie dû à l’inhospitalité du Stadium et l’arrivée dans le Stade Pierre-Mauroy qui, on le pense alors, comblera ce déficit annuel. Les sommes non-remboursées peuvent être transformées en actions3.
Malgré une élimination précoce en Ligue des Champions, la saison est plutôt une réussite sportive : le club termine 3ème en ne prenant que 2 points de moins que la saison précédente. Toutefois, économiquement, l’effort consenti après le doublé se fait sentir : si le chiffre d’affaires est un nouveau record (80M€), les charges n’ont jamais pesé aussi lourd (125M€). Ce déficit de 45M€ est principalement dû à la hausse énorme de la masse salariale, laquelle comprend également les primes : 40M€ supplémentaires ont été dépensés dans ce domaine par rapport à la saison 2009/2010. C’est ainsi qu’en dépit du départ d’Eden Hazard pour une somme record4 et des gains de la Ligue des Champions5, le bénéfice n’est que de 4M€. En outre, de manière fort logique, les dettes augmentent : la dette financière est désormais de 27,3M€ (+8M€), tandis que les autres dettes (par exemple sociales, fiscales ou vis-à-vis des fournisseurs) sont de 36,4M€ (+14,8M€).
2012 : l’effet Grand Stade
Attendu depuis une bonne douzaine d’années6, le Grand Stade est enfin livré à l’été 2012. Économiquement, il doit permettre au LOSC de combler son déficit annuel. Concrètement, le LOSC serait ainsi en mesure de conserver ses meilleurs joueurs. Le départ d’Hazard n’empêche pas le club d’être ambitieux : Marvin Martin, meilleur passeur du championnat en 2010-2011, arrive pour 12M€, tandis qu’un effort salarial est fait pour accueillir Salomon Kalou, en fin de contrat à Chelsea. Le premier but losciste inscrit dans cette nouvelle enceinte est d’ailleurs marqué par le second, sur une passe décisive du premier. Le manque de confiance accordé aux joueurs issus du centre de formation entraîne aussi quelques départs de jeunes qui auraient pu jouer un rôle en équipe première. Citons notamment celui de Junior Malanda qui, titulaire au milieu de terrain de Zulte Waregem aux côtés de Delaplace, sera vice-champion de Belgique dès sa première saison en pro et décrochera un transfert à Wolfsburg.La qualification pour la Ligue des Champions acquise fin août contre Copenhague lors des barrages permet d’assurer des revenus importants qui sont évidemment les bienvenus : si le Grand Stade finira par être un atout, son exploitation ne peut être idéale dès la première saison.
À vrai dire, elle n’est tellement pas idéale que le gain est minime : si les recettes ‘sponsoring’ et ‘billetterie’ sont en hausse (+109%), les comptes publiés par la DNCG en avril 2014 montrent que lors de cette première année, la ligne « Autres charges » a bondi (+64%). Ces ‘autres charges’ correspondent au coût de fonctionnement des infrastructures du club (centre d’entraînement, de formation, stade, etc…). Leur augmentation importante est également visible dans les comptes des autres clubs ayant inauguré un stade (+40% à Valenciennes entre la dernière saison à Nungesser et la première au Stade du Hainaut, +90% à Nice entre le Ray et l’Allianz Riviera).


Ainsi, on observe une augmentation des recettes de 18,5M€, contribuant à un chiffre d’affaire qui frôle les 100M€. Mais avec 15,3M€ récoltés, la billetterie (qui profite sans doute d’un « effet Grand Stade » et de la plus prestigieuse des Coupes d’Europe) est loin des « 35 voire 40 millions »7 espérés et qui aurait en effet permis de combler le déficit structurel et de diversifier les sources de revenus (les droits TV représentent alors 57% du CA). L’affluence moyenne est pourtant supérieure à 40 000 personnes. On a du mal à imaginer comment le club a pu avoir des prévisions aussi erronées.
Malgré la forte augmentation des « autres charges », les charges globales sont en baisse (-7,3M€), profitant d’une masse salariale retrouvant un niveau plus conforme (61M€, -29%).
Au final, Lille clôt son exercice comptable avec un déficit de 20M€ avant transferts, ce qui pousse Lucas Digne (Paris), Dimitri Payet (Marseille) et Aurélien Chedjou (Galatasaray) vers la sortie afin de finir avec une perte nette de 3M€. Dès janvier 2013, le LOSC avait d’ailleurs préparé plusieurs départs estivaux en recrutant Thauvin et Meïté. N’oublions pas non plus que lors de ce mercato hivernal, un départ de Salomon Kalou, plus gros salaire du club et à la peine lors de ses six premiers mois (2 buts en 13 matchs) avait été évoqué8, montrant ainsi la volonté d’assainir les finances dès les premiers mois d’exploitation du nouveau stade. Ce changement de cap est aussi forcé par l’arrivée de riches investisseurs à Paris et à Monaco : à moyen-terme (l’ASMFC est alors encore en Ligue 2), ces deux clubs seront les favoris pour occuper les deux places qualificatives pour la phase de groupes de Ligue des Champions. « Presque indispensable » économiquement9, cette compétition n’est donc plus aussi « facilement » accessible que lorsque le business plan a été adopté. Le projet doit donc être totalement repensé. Probablement averti de la situation et ne souhaitant pas repartir sur un nouveau cycle moins ambitieux sportivement, Rudi Garcia s’en va à un an de la fin de son contrat.
Ce déficit est d’autant plus peu rassurant qu’il était jusqu’alors « obtenu » lors des années sans Ligue des Champions. De plus, le LOSC s’est justement raté sportivement en terminant 6ème et première équipe non-qualifiée pour la Coupe d’Europe, ce qui laisse craindre une saison 2013-2014 compliquée du point de vue de la comptabilité. De plus, ce mauvais résultat financier signifie que le prêt contracté ne peut être remboursé. Au 30 juin 2013, la dette financière est de 42,6M€. Les autres dettes se montent à 40,6M€.
« C’est notre meilleur joueur, Roooonny Rodeliiiin »
Avec une seule recrue majeure (Kjaer), le nouvel entraîneur René Girard obtient des résultats intéressants lors de sa première saison tout en utilisant très régulièrement des joueurs formés au club (30 matchs pour Origi, 33 matchs pour Souaré). Avec une troisième place finale, le LOSC se qualifie pour le 3ème tour préliminaire de Ligue des Champions.La situation économique s’est toutefois dégradée : en novembre 2013, la DNCG encadre la masse salariale du club. Quelques semaines plus tard, elle refuse le transfert de Sébastien Corchia. Sans Ligue des Champions, le CA est en forte baisse (-28M€) tandis que les charges diminuent légèrement (-3%, à 115M€). Le déficit est alors de 45M€, réduit à 16M€ de perte après transferts (outre le transfert de Digne qui est intégré à cet exercice comptable, les belles performances de Thauvin ont permis de récupérer environ 13M€). Le montant des dettes atteint son apogée, avec 86M€ cumulés. Le niveau d’endettement est alors de 14 822%10. Même quand on ne sait pas trop à quoi ça correspond, on comprend qu’il y a un gros souci.

La deuxième et dernière saison de Girard est plus compliquée sportivement : en espérant une qualification pour la phase de groupes de Ligue des Champions, le club conserve Salomon Kalou tout l’été, puis finit par s’en séparer une fois le LOSC éliminé en barrage contre Porto. L’équipe, déjà bien peu offensive, perd son meilleur buteur lors des deux dernières saisons (34 buts en 80 apparitions sous le maillot rouge et blanc). S’il est numériquement remplacé par Michael Frey, un jeune Suisse sympathique mais limité, c’est Divock Origi, cramé après sa première saison pleine et une Coupe du Monde dans les jambes et qui a signé à Liverpool avant de revenir en prêt, et Nolan Roux, qui ne confirme à peu près rien de sa période brestoise, qui sont chargés de l’animation offensive. Pour les aider arrive Rony Lopes, qui arrive sans préparation physique et qui le paiera par de longs mois de blessure. Un mercato tout bien géré.
Les piètres prestations en Ligue Europa (3 nuls, 3 défaites), nuancées par la difficulté du groupe et par la possibilité d’avoir pu se qualifier sans compter sur les autres jusqu’à la dernière journée, ne sont pas une échappatoire à des résultats et des contenus soporifiques en championnat : à la trêve, le LOSC est 11ème avec la pire attaque. L’arrivée de Boufal au mercato hivernal et son placement en 10 derrière un duo Lopes-Roux permettra à Lille de faire bien meilleure figure et de terminer à la 8ème place.
Les 10 matchs de Coupe d’Europe entraînent donc une légère hausse du chiffre d’affaires, à 72M€. Quant aux charges, elles sont en baisse de 14M€, à 101M€, ce qui correspond exactement à l’évolution de la masse salariale. Cette réduction de 23% s’explique par le départ de Kalou, mais aussi par le lissage des contrats : Balmont, Béria, Basa, Martin et Elana ont ainsi accepté une réduction salariale en contrepartie d’une prolongation11.
Il est ainsi intéressant de constater que le LOSC ne trouve pas d’autres manières de baisser ses coûts. Aucune économie d’échelle remarquable ne semble possible sur les « autres charges » (40,1M€ en 2014-2015). Malgré une masse salariale revenue au niveau de celle de 2009/2010 (autour de 48M€), les charges totales pèsent 22M€ de plus. Cette différence n’est pas compensée par la hausse du CA. C’est ainsi qu’on peut expliquer la volonté de Michel Seydoux de renégocier le loyer du stade Pierre-Mauroy12, bien que celui-ci ne représente que 4% des dépenses annuelles. À cause de recettes décevantes (la fin de « l’effet Grand Stade » fait passer le CA sponsoring+billetterie de 35,3M€ en 2012/2013 à 27,3M€ en 2014/2015), le déficit structurel est de 28M€, compensé par de nombreux départs tout l’été (Traoré, Roux, Kjaer, Delaplace, Gueye, Diaby). Ainsi, pour être à l’équilibre la saison dernière avant transferts, il aurait fallu faire les mêmes résultats avec la masse salariale du Stade de Reims.

La bonne nouvelle concerne les dettes : avec 81M€, elles sont en baisse. Les dettes financières, les plus « urgentes », diminuent de 9M€ tandis que les autres dettes augmentent de 5M€ : +43% pour les dettes fournisseurs et -18% pour les dettes fiscales et sociales.

Abordons enfin un point qui n’a pas encore été évoqué : le paiement des transferts. En effet, lors d’un investissement onéreux, il est rare qu’un club paie la totalité du montant du transfert en un versement. Divers bonus, pourcentages à la revente et paiements échelonnés sur plusieurs mois/années permettent de faire baisser le montant immédiat du transfert. La DNCG publie ainsi les montants qu’un club doit encore payer à un autre club (« Dettes sur mutation de joueurs ») et doit encore recevoir d’autres clubs (« Créances sur mutation de joueurs »). Le LOSC étant dans une logique de vendre plus qu’il n’achète, la balance est clairement positive puisqu’au 30 juin 2015, le club attendait encore 44M€ de la part d’autres clubs et en devait 5M€, comme le montre le graphique ci-dessous :

Et maintenant ?
Baisser les charges était indispensable. Néanmoins, le seul levier d’action étant de toucher à la masse salariale, il ne semble plus pertinent de continuer à la diminuer. Le LOSC cherche donc d’autres moyens d’être à l’équilibre :• Le recrutement de l’été 2015 confirme que la formation et la post-formation sont « remis à l’ordre du jour »13. Ce savoir-faire est d’ailleurs reconnu : en mars 2015, le centre de formation du LOSC était le deuxième plus rentable d’Europe14. Avec énormément d’arrivées âgées de 20 ans ou moins, donc la plupart sans expérience significative du monde professionnel, le LOSC repart sur une stratégie comparable à celle de l’ère Puel. Ces jeunes joueurs ont besoin de temps de jeu, qu’ils obtiennent avec la réserve (appelé « groupe Pro2 », pour symboliser le rapprochement entre la post-formation et l’équipe première) ou en prêt. Le directeur général adjoint espère que 80% des futurs joueurs de l’équipe première viennent de ce groupe Espoir, « parce que ça coûte tellement cher de recruter des joueurs après 20 ans que l’idéal, ça serait qu’on soit vraiment en capacité de le faire avant »15.
De fait, après le semi-échec du projet mouscronnois, Lille semble tenter de se rapprocher de clubs régionaux, comme Croix16 ou Aulnoye-Feignies17. L’objectif est d’accélérer la mainmise régionale du club sur la formation et l’attractivité de celle-ci, le développement du joueur en le faisant jouer à un niveau intermédiaire entre l’équipe réserve et l’équipe première, son arrivée dans l’équipe première, sa réussite et, évidemment, sa vente lucrative.
• Compter sur les transferts chaque saison pour être à l’équilibre n’est toutefois pas gage de sécurité et de stabilité. Si limiter les investissements onéreux (c’est-à-dire, en gros, limiter l’achat de joueurs entre 24 et 29 ans) permet en effet de baisser les charges (indemnités et frais d’agent plus faibles), le meilleur moyen reste de réduire autant que possible ce déficit qui ne tient pas compte des mutations. Pas con, Le LOSC a compris qu’au lieu de baisser les charges, il pouvait également augmenter les recettes. C’est dans cette optique qu’un projet de développement du Domaine de Luchin, destiné à devenir la « capitale métropolitaine du sport façonnée par la marque LOSC »18 devrait voir le jour en 2020.

La question de la dette reste mystérieuse. Le LOSC avait jusqu’au 30 juin 2015 pour rembourser intégralement les prêteurs. Au vu des comptes, il n’en a pas eu la possibilité et cette dette s’est donc transformée en actions, dont les propriétaires sont libres de conserver ou de vendre pour récupérer leurs billes. Si tel est le cas, le montant de la dette a dû fondre, sans pour autant que la situation économique du club ne soit particulièrement plus enviable. Ou alors Seydoux a-t-il négocié un allongement du remboursement  
 

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PostPosted: Sun 15 Dec - 12:43:37 (2019)    Post subject: Publicité

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chtiga42
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PostPosted: Sun 15 Dec - 13:03:54 (2019)    Post subject: La politique économique de Lopez pour le Losc est-elle la même que celle de Seydoux époque Puel ? Reply with quote

Pour un supporter c'est une face du club moyennement intéressante. Quelque soit la politique de l'équipe dirigeante au travers des saisons nous ne pouvons que subir les conséquences sportives, positives ou négatives.
Seydoux, Lopès ou un autre, on ne peut qu'espérer un avenir attrayant.
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Daniel Riolo
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PostPosted: Sun 22 Dec - 12:41:11 (2019)    Post subject: La politique économique de Lopez pour le Losc est-elle la même que celle de Seydoux époque Puel ? Reply with quote

Merci pour ces éléments, Roustan.


On était plus fort à l'époque que maintenant c'est la seule chose que je vois, le bon Losc il faut le trouver avant le Grand stade, les infrastructures n'accompagnent pas toujours une progression.


Quant à la politique trading de Lopez, vous savez ce que j'en pense, elle ne mènera nulle part si ce n'est à une stagnation du club. 
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rick
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PostPosted: Sat 11 Jan - 09:31:20 (2020)    Post subject: La politique économique de Lopez pour le Losc est-elle la même que celle de Seydoux époque Puel ? Reply with quote

cela rejoint ce que disait TR à l'arrivée de Lopez au Losc.


https://www.butfootballclub.fr/ligue-1/lille/losc-mercato-campos-galtier-na…
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PostPosted: Wed 29 Jan - 10:51:15 (2020)    Post subject: La politique économique de Lopez pour le Losc est-elle la même que celle de Seydoux époque Puel ? Reply with quote

propos de Puel.


https://www.butfootballclub.fr/ligue-1/saint-etienne/asse-mercato-puel-deno…
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PostPosted: Wed 29 Jan - 17:07:28 (2020)    Post subject: La politique économique de Lopez pour le Losc est-elle la même que celle de Seydoux époque Puel ? Reply with quote

Je l'aime bien Puel, y'a pas à dire Okay
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Dieu wrote:

Félicitations !


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PostPosted: Wed 29 Jan - 21:25:12 (2020)    Post subject: La politique économique de Lopez pour le Losc est-elle la même que celle de Seydoux époque Puel ? Reply with quote

oui on l'aime bien Puel : poli,gentil mais pas trop vikings.
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